Gouvernement flamand : les 3 questions que la N-VA n’a pas encore tranchées

La N-VA s'est entretenue avec l'Open Vld, le CD&V, le sp.a et le Vlaams Belang la semaine dernière, mais aucun choix n'a finalement été pris, selon le ministre flamand N-VA, Ben Weyts. Plus de deux mois après les élections, trois questions cruciales pour le nouveau gouvernement flamand restent toujours sans réponse. 

"Nous ne sommes pas encore en train de prendre une décision finale sur le choix de la coalition. Il y aura donc encore des contacts cette semaine", a indiqué lundi matin le ministre flamand de la Mobilité, Ben Weyts, à Radio 1 (VRT).

Alors que certains acteurs politiques laissaient présager une accélération des discussions la semaine dernière, le formateur flamand et président de la N-VA, Bart De Wever, n’a pas encore pris un choix définitif à en croire le ministre Weyts.

Plus de deux mois après les élections, la N-VA maintient la pression sur les 4 partenaires potentiels encore dans la course : l'Open Vld, le CD&V, le sp.a et le Vlaams Belang. En prenant son temps, le parti nationaliste évite ainsi de répondre à 3 questions :

1. Avec ou sans le Vlaams Belang ?

Jeudi dernier, Tom Van Grieken, le président du Vlaams Belang, a de nouveau rencontré Bart De Wever après un mois de pause. Le vainqueur des élections est donc toujours le bienvenu autour de la table dans la prochaine phase des négociations. Depuis, il attend "un autre signal", a -t-il déclaré dans les studios de VTM.

Les deux partis disposent-ils ensemble d'un texte prêt à servir dans les discussions avec les autres partis ? La N-VA envisage-t-elle de mettre sur pied un gouvernement minoritaire soutenu depuis l’opposition par le Vlaams Belang ? Rien ne filtre.

Filip Dewinter, la figure de proue anversoise du Vlaams Belang, qui symbolise la ligne dure du parti, a pour sa part déjà averti que son parti pourrait être un allié de la N-VA, "mais depuis l'opposition aussi son pire cauchemar et son plus grand ennemi".

Sur les réseaux sociaux, le Vlaams Belang est déjà en train de se rapprocher d'une rhétorique d'opposition. Ce matin, Bart De Wever a également reçu un avertissement personnel sous la forme d'une banderole devant sa maison : "N'oubliez pas les 810.000 électeurs (du Vlaams Belang) !"

2. Avec le CD&V, le sp.a ou les deux ?

Ce qui est sûr, c’est que les présidents du CD&V et de l’Open VLD ne veulent pas d’une alliance avec le Vlaams Belang. Si le parti d’extrême droite est exclu des, trois choix restent alors possibles.

La coalition actuelle (N-VA, Open VLD, CD&V)

Si la "coalition suédoise" rempile, elle bénéficierait d’une majorité stable avec 70 sièges sur 124, mais les tensions entre N-VA et CD&V pourraient réduire l’envie de la N-VA d’opter pour cette option.

La coalition bourguignonne (N-VA, Open VLD, sp.a)

La deuxième option serait la coalition "bourguignonne", comme c'est le cas à Anvers. La N-VA dirait au revoir au CD&V et s’associerait avec l’Open VLD et le sp.a. Avec 64 sièges sur 124, cette majorité est néanmoins beaucoup plus fragile. En cas de vote sur les compétences régionales, les trois partis ne disposeraient que d'un seul siège en plus. Autrement dit, chaque membre du Parlement flamand de la majorité disposerait d'un droit de veto.

Un tel scénario pourrait également ouvrir les portes pour un gouvernement fédéral avec MR et PS du côté francophone. La N-VA pourrait par le même occasion se débarrasser du parti de Kris Peeters, proche des organisations du pilier chrétien.

Ensemble, N-VA, sp.a et Open VLD pourraient mener à bien une suppression des provinces étant donné être qu’ils sont tous trois en faveur de cette mesure.

La coalition sans libéraux (N-VA, sp.a et CD&V)

Selon Wouter Verschelden, rédacteur en chef de Newsmonkey, il ne faut pas oublier une troisième option : écarter les libéraux. La N-VA s’entourerait dès lors de CD&V et sp.a. Il s’agirait d’une technique de négociation pour mettre les libéraux sous pression plutôt que d’une réelle envie de Bart De Wever de s’entourer de partis de centre-gauche.

3. Bart De Wever va-t-il laisser tomber Anvers ?

Durant la campagne électorale, Bart De Wever s’est présenté comme candidat ministre-président flamand. S’il venait à exercer cette fonction, cela voudrait dire qu’il devrait délaisser son écharpe maïorale à Anvers. Or, il préfèrerait rester bourgmestre au lieu de devenir ministre-président flamand.

Heureusement, il pourrait compter sur l’aide de Jan Jambon qui s’était quant à lui présenté comme candidat premier ministre. Si l’ancien ministre fédéral de l’Intérieur devient Ministre-président flamand, Bart De Wever pourra tranquillement continuer à combiner ses postes de bourgmestre d’Anvers et président de parti.

"Je pense que Jan Jambon sera formateur à partir de demain", avait prédit jeudi dernier Jean-Marie Dedecker, élu député fédéral, qui figurait sur une liste N-VA en tant qu’indépendant.

Le ministre flamand Ben Weyts a réagi avec plus de prudence ce lundi matin : "Jan Jambon serait un bon premier ministre, tout comme nous avons d'autres candidats dans nos rangs qui pourraient le remplacer par des candidats de qualité."

Selon lui, les négociations pour la formation d’un nouveau gouvernement flamand vont suivre leur cours cette semaine. Les électeurs flamands auront-ils plus de clarté les prochains jours ?