Les travailleurs belges restent les moins flexibles de l’Union européenne

Les dernières statistiques demandées par les autorités flamandes montrent que les Belges sont les travailleurs européens les moins flexibles. Ils travaillent moins le soir, la nuit et le week-end que les salariés de la plupart des autres pays européens. Seulement un travailleur sur dix preste un horaire qui diffère considérablement du traditionnel "9-17 heures". Seul le travail pendant le week-end a augmenté ces dernières années.

"1,3 million de Néerlandais travaillent la nuit", voilà le titre de l'émission néerlandaise "Nieuwsuur" du week-end dernier. En Belgique, ce genre de situation ne risque pas d’arriver : seulement 3 % des salariés belges travaillent de nuit contre 9,3 % aux Pays-Bas.

Ce pourcentage est resté très stable ces dernières années et il n'y a pratiquement pas de différences entre la Flandre (3,0% de travail de nuit en 2018), la Wallonie (3,1%) et Bruxelles (2,8%), selon une étude réalisée à la demande de Steunpunt Werk, département des autorités flamandes.

Avec 3 % de travail de nuit, la Belgique se situe nettement en dessous de la moyenne européenne de 5,7 %. Et ce n'est pas seulement dans ce domaine que le marché du travail belge est moins flexible que dans le reste de l'Europe.

La Belgique se situe également bien en dessous de la moyenne en ce qui concerne le travail en soirée et le travail en équipe : 8,2 % des salariés en Belgique travaillent le soir (contre une moyenne européenne de 13,2 %) et 7,4 % travaillent en équipe (contre 18,3 %).

Fait remarquable du graphique ci-dessus : le travail en équipe en Belgique a quelque peu diminué au cours des deux dernières décennies, surtout à partir de 2008, année de crise. 

Le travail de week-end à la hausse

Il n’y a qu’en matière de travail pendant le week-end que les salariés belges se rapprochent de la moyenne européenne : 17,6% des salariés belges travaillent le samedi, contre 21,7% des salariés européens.

Environ 1 salarié belge sur 10 travaille également le dimanche. Il s'agit d'une légère augmentation, par rapport à 2001 : le nombre de travailleurs du dimanche en Belgique était alors de 6,6 %.

"Cela est en partie dû à la popularité croissante des ouvertures de nombreux magasins le dimanche et aux attentes des consommateurs", explique Michelle Sourbron, chercheuse à la KU Leuven. "Les gens s'attendent par exemple à ce que le colis qu’ils ont commandé en ligne le week-end soit livré le lundi."

Michelle Sourbron constate aussi une hausse du travail le week-end dans le secteur de la santé. En raison du vieillissement de la population, de plus en plus de personnel soignant est nécessaire dans les maisons de repos et les hôpitaux pendant les week-ends.

Ce phénomène explique probablement aussi une dernière différence frappante : le week-end, plus de femmes travaillent que d'hommes : le samedi, environ 1 homme sur 7 travaille, contre 1 femme sur 5. Le dimanche, la différence est moindre, mais il y a encore plus de femmes que d'hommes qui travaillent.