Flip Franssen

Comment se portent nos poires cinq ans après le boycott russe ?

Le syndicat belge Boerenbond et l'organisation néerlandaise de fruiticulture NFO (Nederlandse Fruitteeltorganisatie) demandent à l'Union européenne de revoir les sanctions économiques imposées à la Russie. Les estimations de récolte de pommes et de poires à l'échelle européenne doivent être communiquées jeudi et si l'Union n'assouplit pas sa politique, elle devra mieux soutenir les secteurs les plus durement touchés, estiment les deux associations.

Les secteurs fruitiers belges et néerlandais ont perdu un important débouché après le boycott imposé par la Russie en 2014 (contre les fruits, légumes, la viande, le poisson, le lait et les produits laitiers), en réponse aux sanctions économiques infligées par l'Union européenne. La Russie absorbait ainsi 40% de la production belge de poires Conférence et quelque 20% de la néerlandaise. "

Cinq ans plus tard, le secteur se remet difficilement de ce revers, malgré des recherches intenses pour trouver de nouveaux marchés, et les mesures de soutien de l'Union européenne sont insuffisantes", selon les deux associations.

Le Boerenbond et NFO critiquent par ailleurs l'octroi de subsides européens importants aux pays d'Europe de l'Est afin de développer la production fruitière européenne. "Cela crée un excédent qui a eu un effet négatif sur les prix ces dernières années. Les cultivateurs belges et néerlandais en sont victimes, eux qui doivent satisfaire à des exigences de production plus strictes et plus onéreuses."

Les deux organisations rappellent enfin les efforts financiers consentis par chaque fruiticulteur pour préserver sa production des aléas climatiques. Cet été, des poires et pommes belges ont notamment été brûlées (photo) pendant le dernier épisode de canicule, en juillet.