"Le Vlaams Belang espère devenir le plus grand parti en 2024, après que la N-VA se soit cassée au gouvernement"

D’après l’analyste politique Rik Van Cauwelaert, invité vendredi soir dans l’émission "Terzake" de la VRT, le parti d’extrême-droite Vlaams Belang espère devenir le plus grand parti de Flandre en 2024, lors des prochaines élections, et pouvoir alors mener les négociations pour la formation d’un gouvernement flamand. Le VB estimerait en effet que la N-VA va se casser les dents en gouvernant ces prochaines années, analyse Van Cauwelaert.

A plusieurs reprises déjà, ces dernières semaines, on annonçait dans les milieux politiques que les discussions de formation d’un nouveau gouvernement flamand "étaient pratiquement terminées". Mais la fumée blanche se fait encore toujours attendre. "La date butoir ne cesse d’être reportée. Cela devient absurde", estime Rik Van Cauwelaert.

Selon l’analyste politique, "le président de la N-VA et formateur Bart De Wever joue sur deux échiquiers (flamand et fédéral). Il tente de trouver la meilleure combinaison. Et il n’ose pas prendre de décision".

Le formateur flamand doit choisir entre trois partis, car il n’y a de la place que pour deux partis en plus du sien. Le SP.A, Open VLD et le CD&V sont encore dans la course. Le Vlaams Belang en a été exclu, bien que ce ne soit pas encore officiel. "C’était absurde de mener des discussions pendant aussi longtemps avec le Vlaams Belang », estime Van Cauwelaert. « Le Vlaams Belang ne veut apprendre de la bouche de personne d’autre que Bart De Wever qu’il est exclu des négociations".

Rik Van Cauwelaert va plus loin. "Le Vlaams Belang a vu que le cordon sanitaire a été brisé dans les faits, puisqu’il a été reçu en audience chez le roi Philippe et qu’il a eu plusieurs entretiens avec le formateur flamand. Il sait que son heure n’est pas encore venue, mais il escompte que ce sera pour les élections de 2024. Il espère alors devenir le plus grand parti de Flandre, parce que la N-VA se sera cassée ces prochaines années à gouverner avec deux partis traditionnels qui sont en train d’agoniser".

De nouvelles élections ?

Pas de Vlaams Belang au gouvernement flamand, mais quels autres partis alors ? Poursuivre la coalition suédoise (avec le CD&V et Open VLD) semble le plus probable à l’heure actuelle. "Lors de discussions avec le Vlaams Belang, De Wever aurait laissé tomber qu’il faudra bien que cela se fasse avec le CD&V", a entendu Van Cauwelaert.

"Mais la relation entre N-VA et CD&V est telle qu’il est presque imprudent pour les nationalistes flamands de s’allier aux démocrates-chrétiens, même si Kris Peeters n’était plus de la partie. L’aversion entre les deux partis est effroyablement grande".

Entretemps, le plus grand mystère règne aussi sur la formation du gouvernement fédéral. "On peut créer un monstre à plusieurs têtes contre le Vlaams Belang et la N-VA, mais ce serait un scénario d’horreur pour les partis flamands. Je crains que si la N-VA et le PS ne parviennent pas à se parler, il faudra organiser de nouvelles élections d’ici la fin de cette année", concluait Rik Van Cauwelaert (photo) à la VRT.