Pourquoi De Wever a décidé de ne pas poursuivre les négociations avec le Vlaams Belang

Ce lundi, au terme de semaines de négociations discrètes avec les divers partis flamands, le formateur Bart De Wever (N-VA) a distribué une note qui doit servir de base pour la formation d’un nouveau gouvernement flamand. Le CD&V et l’Open VLD l’ont reçue, mais pas le Vlaams Belang (VB), avec lequel De Wever avait pourtant mené des discussions à de nombreuses reprises. Interrogé ce lundi soir dans l’émission "Terzake" de la VRT, Bart De Wever (photo) a expliqué pourquoi il a finalement décidé de ne plus poursuivre les négociations avec le parti d’extrême-droite, pourtant grand vainqueur du scrutin régional en mai. Tout d’abord parce qu’aucun autre parti flamand ne veut s’allier au VB, mais aussi parce qu’un grand fossé subsiste entre N-VA et VB, tant du point de vue idéologique que du style, déclarait le formateur.

Ces dernières semaines, le président du plus grand parti de Flandre a sérieusement tenté de trouver une formule grâce à laquelle le Vlaams Belang, sorti grand gagnant du scrutin en mai, pourrait prendre une responsabilité au sein du nouveau gouvernement flamand. Sur le plateau de l’émission "Terzake", Bart De Wever ne voulait cependant pas donner de détails lundi soir sur ses négociations avec le Vlaams Belang. Il indiquait néanmoins avoir eu ces derniers temps "des discussions très correctes" avec le président du VB, Tom Van Grieken.

Le formateur estime n’avoir pu ignorer le signal donné par les électeurs flamands et a donc tenter de négocier avec le Vlaams Belang, avant de décider finalement de ne pas poursuivre la concertation avec le parti d’extrême-droite parce que le CD&V et Open VLD excluaient toute collaboration avec le VB. Il devenait ainsi de facto impossible de former un gouvernement flamand avec le Vlaams Belang.

Différence de style

Bart De Wever indiquait également sur le plateau de la VRT que le fossé entre N-VA et Vlaams Belang reste trop profond. Le président de la N-VA et bourgmestre d’Anvers ne veut pas collaborer avec le VB tant que ce dernier reste le parti dur et cinglant qu’il a toujours été jusqu’à présent. La différence de style entre les deux partis est trop grande.

"Si vous prenez les choses au sérieux et voulez devenir un parti au pouvoir plutôt qu’un parti cinglant de propagande, vous devez cesser de toujours brandir le fouet et de vouloir toujours offenser et blesser tout le monde via les media sociaux. Si vous poursuivez sur ce ton au terme des élections, vous ne parviendrez pas à charmer les autres", précisait De Wever. Il estime qu’il n’est pas possible de mener des discussions tout en continuant à s’en prendre avec violence à tout le monde.

La Grande Muraille de Chine

Mais Bart De Wever estime que le fossé reste aussi trop profond entre N-VA et VB du point de vue idéologique et du contenu. Il indiquait avoir réitéré ces derniers mois qu’il existe "une Grande Muraille de Chine" entre les deux partis.

"Pour le contenu, je ne passerai pas de l’autre côté de la Grande Muraille. Jamais. Pas un millimètre". De Wever estime en outre que le Vlaams Belang est un parti à deux visages. "Le visage aimable et constructif de Monsieur Van Grieken, et en même temps un parti au visage de véritable machine de propagande, un parti populiste de droite dans tous ses propos et son style".

Une mission historique

Bart De Wever déclarait d’autre part qu’il sait parfaitement ce que lui-même et son parti représentent du point de vue idéologique. "Ce que je pense à propos de l’identité et de ma mission historique pour ce pays est limpide. Il s’agit de mener à bien une réforme confédérale dans les limites d’une gouvernance démocratique. Si une percée nationale flamande était un jour possible (…), je pense que ce serait une avancée de taille pour tout le monde dans ce pays".

De Wever ne voyait pas contre pas d’avantage à bloquer la formation d’un gouvernement flamand en s’alliant au Vlaams Belang. Il affirmait également ne jamais vouloir "sauter par-dessus le fil de points de vue qui ne sont pas acceptables". "Vous ne trouverez jamais en moi un associé pour convertir des points de vue et un certain style en programme politique, car je sais très bien d’où viennent ces choses. Ce sera comme çà tant que je serai président de la N-VA (…) et je ne peux pas imaginer que mon successeur - quel qu’il soit - puisse changer de cap, car ce dernier est d’importance vitale en ce qui me concerne".