Gerlache : "Il est temps que les partis francophones donnent aussi leur vision de la Belgique"

Les journalistes et analystes politiques Alain Gerlache (RTBF) et Rik Van Cauwelaert (De Tijd) étaient mercredi soir invités sur le plateau de l’émission "Terzake" à la VRT. Ils y ont notamment souligné l’énorme pression qui règne actuellement sur le parti socialiste francophone dans le cadre de la formation d’un gouvernement fédéral, alors que la N-VA, le CD&V et Open VLD préparent actuellement un accord de gouvernement pour la Flandre et que les négociations pour la formation d’un gouvernement wallon se font attendre. Alain Gerlache (photo) a notamment estimé que, au lieu de dire "non" à toutes les propositions de la N-VA, les partis francophones devraient présenter leur propre vision de l’avenir de la Belgique, comme pendant à la note de Bart De Wever.

D’après l’analyste politique Alain Gerlache (RTBF), le lancement des négociations pour la formation d’une coalition suédoise en Flandre suscite des réactions mitigées en Belgique francophone. "Avant tout, on y est soulagé que le Vlaams Belang ne fera pas partie du gouvernement flamand. Mais on s’y inquiète aussi des accents flamands prononcés qui sont exprimés dans la note de Bart De Wever. En soi, ce n’est pas un problème, si ce n’est que la Flandre prendra clairement le dessus sur la Belgique" dans la politique régionale au nord du pays. "Au sud du pays, on trouve qu’il est important que le niveau fédéral belge soit préservé à l’avenir", souligne Gerlache.

Le plus grand parti de Wallonie, le parti socialiste (PS), doit faire face à un énorme dilemme, indique aussi l’analyste politique de la RTBF. "Soit entamer des négociations avec la N-VA - ce qui serait excessivement difficile pour lui -, soit ne pas bouger, mais c’est également très difficile".

D’après Alain Gerlache et Rik Van Cauwelaert, seul la crainte de devoir organiser de nouvelles élections fédérales pourrait avoir une influence sur le PS. "Car du côté francophone, pareilles élections seraient catastrophiques pour tous les partis, sauf peut-être pour le PTB. Il y aurait un nombre très important de votes blancs. Le sentiment d’opposition et de désintéressement à la politique des citoyens augmenterait énormément", met en garde Alain Gerlache.

Les deux analystes estiment qu’il va falloir discuter en d’autres termes d’une adaptation de l’Etat belge, les francophones ne voulant pas entendre parler de « confédéralisme ». "Si l’on parlait de fédéralisme approfondi, cela passerait sans doute mieux", estime Van Cauwelaert.

A quoi Alain Gerlache ajoutait : "Au lieu de dire seulement "non" à toutes les propositions de la N-VA, les partis francophones devraient maintenant donner leur propre vision de l’avenir de la Belgique. (…) La Belgique, c’est un nom, mais quel contenu les partis francophones veulent-ils lui donner pour demain ? Tant qu’ils n’exprimeront pas clairement leur vision, les discussions avec les partis flamands resteront très difficiles".

La Belgique aura-t-elle un gouvernement avant Noël ? "Certainement, mais je ne sais pas en quelle année", lançait Alain Gerlache en conclusion.