Johan Van Overtveldt (N-VA) : "Un compromis avec le PS est irréaliste"

Johan Van Overtveldt, ancien ministre des Finances et député européen N-VA, est extrêmement pessimiste quant à la formation fédérale. "On est dans une situation où les deux plus grands partis des deux parties du pays doivent abandonner à un tel point leur programme que parvenir à un compromis tout simplement irréaliste", a-t-il déclaré dans De Ochtend. Il a réitéré la solution prônée par la N-VA : le confédéralisme.

"Gouverner avec le PS, c'est du suicide", voici la déclaration de Johan Van Overtveldt qui fait la une du quotidien Het Laatste Nieuws ce samedi. La N-VA va-t-elle définitivement fermer la porte à une coalition avec le PS ?

"Regardez les programmes des deux partis", répond Van Overtveldt dans l’émission radio De Ochtend, "En matière d'emploi, de migration, de budget et de politique climatique, vous pouvez constater que les différences sont énormes. Vous pouvez bien sûr dire que c'est la tâche des politiques de trouver des compromis, mais cela doit bien sûr être possible sans tromper vos électeurs."

Programmes incompatibles

"En fin de compte, en tant que parti, et cela vaut pour le PS et la N-VA, on a présenté un programme aux électeurs. Un Flamand sur quatre soutient le programme de la N-VA. Je crains que si vous négociez avec un parti comme le PS, vous ne deviez jeter beaucoup de ces points par-dessus bord ou les diluer à tel point qu'il n'en reste plus grand-chose. Il en va de même pour le PS."

L’ancien ministre N-VA estime qu’il est difficile d’appliquer les promesses électorales de la N-VA de mai dernier si le PS est au gouvernement fédéral : "On est dans une situation où les deux plus grands partis des deux parties du pays doivent abandonner à tel point leur programme que parvenir à un compromis tout simplement irréaliste." 

Confédéralisme: la solution

Cette semaine, la figure de proue PS Charles Piqué (PS) avait affirmé dans la presse que le confédéralisme était possible si la N-VA était prête à faire des concessions sur le plan socio-économique. "Le confédéralisme est, bien sûr, la solution pour effacer les contrastes entre les programmes des deux principaux partis dans les deux partis du pays", réagit Johan Van Overtveldt. "Grâce au confédéralisme, chacun de ces partis peut, dans sa propre partie du pays, poursuivre la politique demandée dans ces régions avec les partenaires nécessaires. Mais de là à dire immédiatement qu'il faut faire de lourdes concessions en termes de budget, de politiques d'emploi ou de migration ? Lancer un tel ballon d'essai, ça ne marche pas."

En ce qui concerne les concessions possibles sur le plan socio-économique, l’ancien rédacteur en chef de Trends-Tendance souligne une fois de plus qu'il ne veut pas d'un "tsunami fiscal", comme son parti accuse le PS de le faire. "Le PS n'est pas prêt à freiner la croissance des dépenses, tout doit provenir de hausses d'impôt, ce qui est inacceptable pour nous."

Informateurs : quelle est la suite ?

Pour Johan Van Overtveldt, la mission des informateurs royaux est parsemée d’embûches : "La porte (vers une coalition du PS) n'est jamais définitivement fermée, mais je pense que c'est aussi un signe annonciateur que les informateurs Didier Reynders et Johan Vande Lanotte, deux hommes politiques très expérimentés et intelligents, ont des difficultés à obtenir quelque chose de constructif sur papier."

Les deux informateurs sont censés rendre compte de la formation fédérale auprès du Roi ce samedi. Johan Van Overtveldt se demande ce qu'ils vont faire : "Tout le monde attend avec impatience leurs prochaines actions. C’est le calme plat en ce moment, car ils doivent d'abord rendre compte au roi."

L’ancien ministre N-VA indique qu'il ne sait pas si des conversations sont prochainement prévues entre le PS et son parti.