Le logement social à l’agenda des négociateurs flamands alors que les listes d’attente s’allongent

Les négociateurs N-VA, CD&V et Open VLD pour la formation d'un gouvernement flamand abordent ce mardi le dossier sensible du logement, dont le volet logement social met sous pression la coalition du bourgmestre Bart De Wever à Anvers. L’an dernier, quelque 153.910 personnes en Flandre attendaient de pouvoir obtenir un logement social. C’est près de 20.000 personnes en plus qu’en 2017, indiquent les chiffres de la Société flamande pour le Logement social que les écologistes de Groen ont dévoilés.

Le groupe de travail "logement" est l'un des quinze groupes que le formateur Jan Jambon (N-VA) a instaurés pour progresser dans les négociations en vue de la formation du nouveau gouvernement flamand. Il se réunissait ce mardi dès 9h. Il devra notamment se pencher sur une phrase de la note du pré-formateur Bart De Wever qui a déjà suscité pas mal d'émoi, puisqu'elle stipule que les communes ayant déjà atteint le seuil de 9% de logements sociaux ne recevront plus de financements que pour la rénovation.

A Anvers, où la N-VA est en coalition avec les socialistes du SP.A (ainsi que les libéraux d’Open VLD), ce thème pourrait mettre l'équipe dirigeante en difficultés. Il préoccupe aussi le CD&V. Ce lundi, "De Woonzaak", une plate-forme d'associations de défense des locataires sociaux et de lutte contre la pauvreté - qui comprend notamment le mouvement ouvrier chrétien flamand "Beweging.net" proche du CD&V - a mis en garde les négociateurs: l'objectif des 9%, qui était jusqu'ici considéré comme un seuil, risque de se transformer en un plafond.

Dans ce cas, la plate-forme - qui est dirigée par l'ancien patron de l'agence publique flamande "Wonen Vlaanderen" Hugo Beersmans - menace d'engager des procédures devant le Conseil de l'Europe.

Nicolas Maeterlinck

La parlementaire flamande An Moerenhout (Groen, photo) souligne pour sa part qu’une commune ou ville flamande sur trois verra son financement pour les logements sociaux diminuer si le futur gouvernement flamand s’en tient aux plans de la N-VA. "Cela rend la proposition de Bart De Wever terriblement asociale".

L’une des villes qui seraient concernées par cette réduction de financement est Anvers, la métropole dont Bart De Wever est bourgmestre. Cette dernière possède pourtant une liste d’attente de 53.905 personnes pour un logement social - ce qui représente 35% de toutes les personnes en attente en Flandre. La ministre-présidente flamande et ministre au Logement Liesbeth Homans (N-VA) n’a pas souhaité réagir aux chiffres concernant les listes d’attente.

Les quinze groupes de travail mis sur pied par le formateur Jan Jambon doivent s'être réunis au moins une fois d'ici jeudi, après quoi les négociateurs en chef se retrouveront à nouveau. Les diverses organisations de la société civile flamande seront en outre reçues par les groupes de travail dans les semaines à venir.