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Formation fédérale: "Une façon atypique de travailler qui ne présage que peu d’optimisme"

Une réunion plénière associant les informateurs royaux, Didier Reynders et Johan Vande Lanotte, et les sept partis jusqu'à présent en lice pour la formation d'un gouvernement se tient ce mercredi soir. C’est la deuxième fois que les formations politiques se réunissent depuis les élections. Mais d’après les observateurs, cette concertation ne fera pas avancer le schmilblick. "Personne n’arrive à imaginer qu’un gouvernement puisse être formé autour de la N-VA et du PS", explique le journaliste politique de la VRT, Ivan De Vadder.

La première réunion du genre s’était tenue le 28 juillet dernier. La N-VA, le PS, le MR, le CD&V, l'Open VLD, le SP.A et Groen s'y étaient alors rendus. Ecolo avait décliné l'invitation car il ne souhaite pas avoir de discussions avec les nationalistes flamands.

Au cours de cette rencontre, il n'y avait pas eu de négociation. Dider Reynders et Johan Vande Lanotte avaient fait rapport aux participants de la note qu'ils allaient présenter le lendemain au Roi.

Un nouveau rapport au chef de l'Etat est prévu le 9 septembre prochain. Mais la réunion de ce mercredi pourrait une fois de plus ne mener nulle part. Aux yeux de Ivan De Vadder, cette concertation est "inhabituelle et atypique". "Lors de négociations, qu’elles soient fédérales ou régionales, on cherche tout d’abord les partenaires avec qui on compte collaborer. Ceux-ci sont alors invités autour de la table, et les autres non. Mais là, tous les partis de bonne volonté sont rassemblés, et on tente ensuite de poursuivre le travail. C’est vraiment une procédure singulière, qui donne l’impression que le niveau fédéral éprouve de grandes difficultés", analyse encore le journaliste.

L’obstacle budgétaire

Les informateurs royaux préparent actuellement une note reprenant les différents défis qui attendent le prochain gouvernement. Parmi ceux-ci, on retrouve notamment le budget fédéral, qui devra être présenté durant le mois d’octobre à la Commission européenne. Problème : "l’actuel gouvernement en affaires courantes n’a pas de majorité", explique Ivan De Vadder.

"Etablir un budget est toujours lié à des choix idéologiques, ce qui ne rend pas les choses évidentes. L’une des premières tâches sera donc de trouver un accord entre les sept partis au sujet d’un éventuel budget, afin que la procédure puisse être lancée, et que le pays évite une amende de l’Europe", relève le journaliste politique.

Un scénario improbable

Pour Ivan De Vadder, "cette manière atypique de travailler démontre qu’il n’y a que peu d’optimisme. Cette tendance était déjà perceptible après la première rencontre fin juillet. Plus personne ne peut en fait imaginer qu’un gouvernement puisse être formé autour de la N-VA et du PS".   

L’option d’une formation vert-violet complétée par le CD&V demeure, mais jusqu’ici les libéraux et les chrétiens démocrates flamands, qui négocient au niveau régional avec la N-VA, ont refusé de constituer une majorité fédérale sans les nationalistes flamands.

Des élections toujours pas digérées

"Plus de trois mois après les élections, les résultats ne semblent toujours pas digérés. On a l’impression que ces dernières semaines ont tourné autour de l’attribution de postes. Les partis sont concentrés sur la distribution des fonctions et des portefeuilles. Parallèlement, des blessures doivent encore cicatriser, et des nouveaux présidents de partis doivent être élus", relève encore le journaliste de la VRT.

"Quoi qu’il en soit, les partis feraient mieux de mettre toutes ces procédures derrière eux, de prendre leurs responsabilités, et de commencer enfin à voir comment on peut aboutir à une solution, au niveau régional, mais aussi et surtout au niveau fédéral", conclut-t-il.