L’école "islamique" de Genk n’obtient pas sa reconnaissance provisoire

La ministre flamande de l'Education, Hilde Crevits (CD&V), n'accordera pas de reconnaissance provisoire au Collège "islamique" Selam de Genk. La ministre a pris sa décision après le verdict rendu cette semaine par l'inspection de l'éducation. Cette dernière avait estimé que l’école ne répondait pas aux critères de reconnaissance. Cette école ne respecterait pas suffisamment les Droits de l’Homme et de l'Enfant. 

Le projet d’ouverture du Collège islamique Selam à Genk a déjà donné lieu à de nombreuses controverses au cours de l'année écoulée. Finalement cette école secondaire ne sera pas reconnue par le gouvernement flamand. C'est ce qu'a décidé aujourd'hui la ministre flamande de l'Éducation Hilde Crevits.

A la demande de l'inspection de l'enseignement, la Sûreté de l'Etat a mené une enquête sur Lectio, l'ASBL qui a introduit la demande de reconnaissance pour l'école. L'inspection a ensuite soumis un avis à la ministre Crevits. Il en ressort que l'école ne remplit pas un certain nombre de conditions de reconnaissance. Les établissements scolaires doivent par exemple respecter la Constitution belge et les traités internationaux, en particulier ceux relatifs aux droits de l'Homme et de l'Enfant.

"Le rapport de l'inspection de l'enseignement stipule que la demande du Collège Selam ne satisfait pas à cette condition. L'inspection est parvenue à cette conclusion sur la base d'un avis obtenu de la Sûreté de l'Etat. L'Agence des services de l'enseignement constate également que la reconnaissance ne peut être autorisée ", a justifié la ministre Crevits.

"Pour obtenir une reconnaissance, les nouvelles écoles doivent remplir six conditions ", explique la ministre. Apparemment, cet objectif n'a pas été atteint, c’est ce qui est ressorti après la visite de l'inspection de l'éducation aux anciens bâtiments de Syntra à Genk cette semaine.

Cela signifie que l'école ne recevra aucune subvention et ne pourra pas délivrer de diplômes officiels dans notre pays. La ministre flamande de l'Éducation, Hilde Crevits, a décidé de ne pas reconnaître l'école parce qu'elle ne remplit pas certaines conditions de base.

C'est l'ancienne secrétaire d'Etat et conseillère communale de Genk Zuhal Demir (N-VA) qui avait tiré la sonnette d'alarme concernant la création possible de l'école islamique.

En mai, Zuhal Demir avait demandé une enquête de la Sûreté de l'Etat sur l'organisation derrière l'école : la Fédération islamique de Belgique (IBF). Il s'agit d'une organisation sans but lucratif qui a des liens avec l’organisation conservatrice turque conservateur Millî Görüş . L'association possède déjà des écoles à Charleroi et Schaerbeek, mais pas encore en Flandre.

A présent que l'école n'a pas obtenu sa reconnaissance, la députée Zuhal Demir réagit avec satisfaction. Sur Twitter, elle remercie "tous ceux qui ont pris leurs responsabilités dans ce dossier".

Millî Görüş, littéralement "vision de la communauté religieuse" est une organisation islamique européenne siégeant à Cologne en Allemagne et présidée par Kemal Ergün depuis 2011.