L’UGent et la KU Leuven lancent une grande enquête afin de déceler de façon précoce l’autisme chez les nourrissons

Les universités de Gand et de Louvain ont entamé une étude à grande échelle pour apprendre à déceler l'autisme de façon précoce. Les chercheurs surveilleront des nourrissons et de jeunes enfants qui ont un risque accru de troubles du spectre autistique (TSA) pendant une période de trois ans. Le diagnostic d'autisme n'est généralement posé qu'après l'âge de 3 ans et souvent même beaucoup plus tard, mais un diagnostic précoce est important, estiment les chercheurs.

Pourquoi un enfant développe-t-il l'autisme et un autre pas ? Peut-on déceler à un très jeune âge si un enfant développera l'autisme plus tard ? Ce sont deux questions importantes auxquelles UGent et la KU Leuven tentent de répondre dans une étude à grande échelle. À cette fin, les scientifiques surveilleront les nouveau-nés et les tout-petits présentant un risque accru de troubles du spectre autistique (TSA) pendant une période de trois ans.

Les chercheurs se concentrent en particulier sur les nouveau-nés de moins de 5 mois, qui ont un frère ou une sœur autiste. Environ 10 à 20 % d'entre eux recevront probablement un diagnostic de TSA plus tard. On s'attend à ce que le même nombre d'enfants aient des problèmes moins graves.

Les enfants qui participent à l’étude à l’âge de 5, 10, 14, 24 et 36 mois seront soumis à une série de tests durant une demi-journée. Leurs interactions sociales, leur langage et leur motricité seront examinés lors de petits jeux. Mais l'activité cérébrale et les mouvements des yeux, par exemple, seront également mesurés en regardant des vidéos.

"Les enfants autistes auraient des préférences différentes de celles des autres enfants ", explique Lyssa de Vries (KU Leuven), doctorante. "Par exemple, ils regardaient moins un visage que les autres enfants. Mais il s'agit là d'hypothèses qui doivent encore être confirmées et que nous voulons donc examiner plus avant."

Grâce aux résultats de l'étude, les chercheurs espèrent apprendre à reconnaître plus rapidement les premières caractéristiques de l'autisme. "L'un des objectifs est de développer une sorte de protocole de dépistage et un modèle d'estimation pour les services spécialisés, tels que les pédiatres et l’organisme de la petite enfance Kind en Gezin", explique la professeure Ilse Noens (KU Leuven). "On pourra ensuite s'en servir pour déterminer la probabilité de l'autisme et déterminer quels enfants bénéficieront d'une recherche plus poussée".