Chaque jour 26 km de files de curieux sur les autoroutes belges

Les accidents de la route engendrent chaque jour quelque 26 kilomètres de files de curieux sur les routes de Belgique. D’après les estimations de l’Institut pour la sécurité routière Vias, ces embouteillages coûtent un milliard d'euros par an en carburant perdu, usure de la voiture et travail non effectué, rapportent ce vendredi les quotidiens La Dernière Heure, De Morgen et Het Laatste Nieuws. Vias recommande de placer des écrans lors de graves accidents de la route, pour éviter les ralentissements causés par des curieux.

Douze secondes, c'est le temps moyen durant lequel un automobiliste détourne le regard de la route pour scruter les détails d'un accident survenu de l'autre côté de la berme centrale d'une autoroute. Une étude américaine a ainsi montré que 16% des accidents sur l'autoroute étaient causés par des files de curieux.

En Belgique, ces ralentissements sont à l'origine d'environ 530 accidents par an, si l’on en croit les chiffres de l'Institut pour la sécurité routière Vias, et parfois accentués par le comportement déplacé de certains automobilistes qui filment la scène, alors que c'est interdit.

Outre les risques inhérents aux ralentissements des curieux, il y a les 26 kilomètres de bouchons qui sont engendrés quotidiennement par ces curieux, et les pertes financières qu’elles entrainent. Vias les évaluent à 1 milliard d’euros par an. En cause le carburant supplémentaire consommé, l’usure des véhicules et le temps de travail perdu.

Des "écrans de calamités" contre les curieux ?

Pour lutter contre les effets pernicieux des ralentissements de curieux, Vias propose que les services de secours s'équipent d'écrans, qu'ils pourraient déployer sur plusieurs mètres le temps de l'intervention. Aux Pays-Bas et en Angleterre cette technique a déjà fait ses preuves.

"Des études montrent qu'avec un écran, le regard n'est plus détourné de la route que 4 secondes, avec pour résultat moins de risques d'accident, moins de ralentissement, etc.", indique Stef Willems de Vias.

Pareils écrans dits "de calamités" ont été achetés il y a des années par les autorités, mais ne sont que rarement utilisés. Seulement en cas d’accidents particulièrement graves, indique la police fédérale. "Ces écrans sont disponibles auprès de la Protection civile", précise la porte-parole Sarah Frederikx, "mais il faut beaucoup de temps pour les acheminer sur le lieu d’un accident et les placer. Pour les accidents courants, qui sont traités en 2-3 heures, cela ne vaut pas la peine".

Aux Pays-Bas, le système est mieux organisé, avoue la police fédérale. "Il est intégré à l’infrastructure des routes. On y attache les écrans dans la berme centrale, ce qui rend leur installation nettement plus facile". D’après Sarah Frederikx, c’est aux responsables des routes en Belgique d’étudier si le système d’écrans peut être réellement introduit dans notre pays.

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