La perspective du Brexit dope les exportations alimentaires belges

En un an, l'industrie agroalimentaire belge a enregistré 16,2% de recettes supplémentaires en expédiant ses produits outre-Manche, si l’on en croit les calculs de la fédération du secteur, la Fevia, relayés ce vendredi par Le Soir. Les Britanniques redoutent des pénuries d'aliments et se constituent donc des réserves. Néanmoins, une étude d'impact réalisée par la KU Leuven fin juin avait indiqué qu’un Brexit dans lequel le Royaume-Uni quitterait également le marché intérieur européen risquait d’entraîner la perte de 4.523 emplois dans l'industrie alimentaire et des boissons en Belgique. La Flandre serait alors la plus durement touchée.

Les produits alimentaires et boissons belges envoyés au Royaume-Uni connaissent une croissance quasi continue depuis 2014. Cette année-là, les exportations alimentaires se chiffraient à 2 milliards d'euros. En 2018, elles ont atteint 2,2 milliards. Cela représente une augmentation de 8,1% en quatre ans.

Et la tendance s'est intensifiée ces derniers mois. Alors qu'elles pesaient 528,68 millions d'euros au premier trimestre 2018, les exportations alimentaires belges vers la clientèle britannique sont passées à 638,56 millions d'euros au premier trimestre de cette année. Un bond de 16,2% (+ 16,7% pour les aliments, + 9,5% pour les boissons).

Selon la Fevia, le mouvement se poursuit encore à l’heure actuelle. "Nos exportations ont décollé parce que les entreprises alimentaires et les consommateurs britanniques constituent des stocks de légumes surgelés, de pommes de terre pour le fish and chips ou encore de chocolat belge pour être prêts dans les semaines à venir à amortir le choc d'un Brexit potentiellement dur. Ils redoutent des pénuries d'aliments", explique Nicholas Courant, porte-parole de la fédération.

La Fevia a interrogé les secteurs des produits laitiers, du pain, des légumes et du chocolat.

AP2010