Kristof Calvo (Groen) : "J’ai trop fait campagne pour ma propre personne et pas assez pour changer la Belgique"

Kristof Calvo, chef du groupe de Groen à la Chambre, fait son mea culpa sur sa page Facebook et dans "De ochtend" (VRT). "Les écologistes flamands n'ont pas investi suffisamment dans les réseaux sociaux", ajoute Calvo. Il estime qu'il a lui-même trop participé aux "querelles politiciennes". Toujours est-il que Groen ne participe plus aux négociations en vue d’un nouveau gouvernement fédéral.

Depuis plus de trois mois Kristof Calvo n’avait plus fait parler de lui. Le chef de groupe des écologistes flamands à la Chambre était invité ce mardi dans l’émission "De ochtend" (VRT). Il publie aussi ce mardi un long texte sur sa page Facebook, sous le titre de : "Je reste un "possibiliste", il y a beaucoup de possibilités mais pas de la manière dont nous avons procédé".

Lors des dernières élections Groen a vu son score augmenter de 1,4% en Flandre pour atteindre un peu plus de 10% mais cela aurait pu être beaucoup plus.

Ce score ne correspondait pas à ses attentes. En Flandre, les Verts sont restés dans l’opposition mais hier on a appris officiellement qu’ils étaient aussi mis de côté au niveau fédéral. Kristof Calvo tente d’expliquer ce qui a mal tourné.

La planète ou le porte-monnaie ?

Selon Kristof Calvo, les Verts n’ont pas suffisamment montré leur fibre sociale. "Nous avons trop peu fait comprendre que la question climatique et l'aspect social étaient les deux faces d'une même médaille". En conséquence, Groen est redevenu, selon lui, un "parti à un seul thème". Or, en politique "on n'a pas à choisir entre la planète et le portefeuille."

Le fait que les hommes politiques aient accordé trop peu d'attention aux questions sociales, est pour Kristof Calvo "la raison la plus importante de la renaissance de l'extrême droite" : "Quand les gens ne sont pas sûrs de leur emploi, de leur salaire ou de leur retraite, ils ont peur des concurrents. Et les nouveaux arrivants sont toujours des concurrents. Les populistes cultivent cela. Ils nous mettent devant un choix : "des frontières ouvertes", ou notre sécurité sociale, "nos pauvres", ou les réfugiés, écrit Calvo. Les "jeunes qui manifestaient pour le climat" ont également été bombardés par la droite comme "ennemis supplémentaires", ajoute Kristof Calvo.

Lorsque Björn Rzoska s'est porté candidat à la présidence du parti il y a plus d'une semaine, il a également déclaré que Groen était devenu un parti « de happy few" (heureux élus). "Si vous avez de l'argent, alors votez pour les Verts". Et y a eu trop peu de réponses de notre part à cette image antisociale qu’on nous a collée", écrit de son côté le tête de file de Groen à Anvers Wouter Van Besien dans un mémo interne. En outre, le parti n'a pas été très clair sur certains points de vue, d’après Kristof Calvo.

Entre-temps, la proposition de Groen de revoir le système de voitures de société en est un exemple typique.

J’ai trop fait campagne pour ma personne et mon parti et trop peu pour la politique dans son ensemble et pour une autre Belgique.

Faisant son autocritique, Kristof Calvo estime qu’il a trop participé aux querelles politiciennes. Mais en tant que chef de file de l’opposition c’était presque inévitable. "J’ai trop fait campagne pour ma personne et mon parti et trop peu pour la politique dans son ensemble et pour une autre Belgique".

Kristof Calvo veut tourner la page de ces discussions sur des "incidents mineurs". Sa volonté est de "changer la politique plutôt que de faire une nouvelle réforme de l'Etat de la même manière". "Ceux qui espéraient que je garde le silence, seront déçus", écrit-il.

Kristof Calvo répète que Groen reste disponible pour négocier la formation d’un nouveau gouvernement fédéral. Seulement s'il s'agit d'un gouvernement violet -vert, qui inclut aussi la participation d'Ecolo. "Si, en 1999, nous avons réussi à combler le fossé entre libéraux, socialistes et verts, pourquoi ne le ferions-nous pas maintenant ?

Hier, les informateurs Johan Vande Lanotte (SP.A) et Didier Reynders (MR) ont clairement indiqué que, pour le moment, ils optaient pour la formation d’gouvernement violet-jaune et qu’ils poursuivraient leur négociations sans Groen.