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Les Chinois apprennent comment manger une poire belge

Depuis l’entrée en vigueur du boycott commercial russe des produits européens, le 8 août 2014, les fruiticulteurs belges tentent de trouver de nouveaux marchés pour vendre avant tout leurs pommes et poires. La Chine est l’un de ces nouveaux marchés, mais les consommateurs devaient encore être rassurés sur la qualité des produits belges. Ils ont entretemps appris, via des spots télévisés (vidéo), que nos poires conférence peuvent être mangées avec la peau. Les Chinois préfèrent en effet éplucher les fruits, par crainte de traces de pesticides dans la peau.

Dans l’émission "De markt" (‘Le marché’) de la VRT, le fruiticulteur flamand Mario Vanhellemont témoignait ce samedi sur les années difficiles qui ont suivi l’entrée en vigueur du boycott russe sur les produits agricoles européens. Une mesure dont les agriculteurs belges ressentent encore toujours les conséquences financières.

La Russie était ainsi depuis les années 1990 le plus grand marché d’exportation des poires conférence belges. Quelque 150.000 des 330.000 tonnes de poires belges (soit 44%) partaient chaque année vers la Russie. Pour les pommes, c’est un cinquième de la récolte qui était exporté en Russie. Après l’annonce du boycott, le prix des poires belges a chuté de 80 cents/kilo à 43 cents.

La recherche d’autres marchés d’exportation a été de longue haleine. Souvent les marchés hors de l’Europe sont protégés par une série de barrières, comme des exigences strictes en matière de lutte contre les maladies et les parasites des fruits. Nos poires et pommes doivent donc répondre à une série de critères avant de pouvoir entrer sur des marchés étrangers.

D’autre part, les consommateurs étrangers ne sont pas toujours habitués à nos variétés et goûts de fruits. Les consommateurs chinois ne savaient ainsi pas que les poires conférence peuvent être mangées avec la peau, sans avoir peur que celle-ci porte des traces de pesticides. Des spots télévisés ont été réalisés pour l’expliquer aux consommateurs chinois.

Campagnes et labels

"Nos fruiticulteurs devaient investir et diversifier", indiquait Pieter Timmermans, conseiller du syndicat Boerenbond, dans l’émission "De markt". Ils ont d’abord cherché à gagner de nouveaux marchés en Europe, puis au Mexique, au Brésil, au Vietnam, en Indonésie et en Chine.

"Nous devons aussi investir dans la culture d’autres variétés de fruits, qui peuvent avoir du succès sur d’autres marchés. Entendez par là des pommes et poires qui ont d’autres goûts et même d’autres couleurs", précisait Timmermans. "Il faut avant tout de nombreuses campagnes de promotion pour faire connaître nos fruits belges à l’étranger. La criée de fruits belge et l’Institut flamand pour la promotion de produits agricoles et de la pêche (VLAM) y travaillent".

Même pour atteindre les consommateurs belges, des informations supplémentaires sont nécessaires. Ils savent en effet à peine d’où viennent les pommes et poires dans les rayons de nos magasins. "Un bon exemple est la Pink Lady", indiquait Pieter Timmermans. "C’est une variété de pommes qui a besoin de plus de temps pour murir et qui est avant tout cultivée au Chili et en Espagne. Une étiquette qui indique clairement que cette variété a été cultivée en Belgique et qu’elle parvient donc au consommateur presque sans intermédiaire, serait un premier pas. Au Limbourg, pareil label existe. Le Boerenbond y a lancé le label "de la ferme".