Les Flamands lisent à nouveau plus de journaux et font davantage confiance aux médias traditionnels

Les journaux flamands atteignent plus de 4 millions de lecteurs, soit 15% de plus qu'il y a un an. C'est un résultat inattendu, selon une étude du Centre d'information sur les médias (CIM), auprès de 10.000 Belges. Cela montre que les journaux flamands et la version néerlandaise de Metro atteignent ensemble 4.045.500 lecteurs. Quels sont ceux qui ont le plus de succès et pourquoi ?

Het Laatste Nieuws reste le numéro un de la presse quotidienne avec 2.244.500 lecteurs par jour, soit 11% de plus qu’en 2018. De son côté, Het Nieuwsblad connaît une progression de 9% avec une lectorat de 1.626.100 personnes. De Standaard atteint 715 100 lecteurs par jour, soit 6 % de mieux qu'en 2018. Gazet van Antwerpen en compte 628.800 par jour, soit 13% de plus et Het Belang van Limburg augmente son lectorat de 12% pour atteindre 538.400 personnes. Le journal De Morgen enregistre une augmentation de 12 % pour atteindre 448 500 personnes. Metro a un lectorat quotidien de 378 800 personnes, soit une augmentation de 10%. Enfin, De Tijd augmente son lectorat de 15 % pour atteindre 305 500 personnes.

Il ne s’agit pas bien sîûr des chiffres de vente des journaux mais bien d’audience de la presse écrite.

Succès pour la presse numérique et papier

À une époque où la consommation de médias numériques augmente, on pourrait s'attendre à ce que la portée des journaux papier diminue. En Flandre, les journaux résistent bien depuis des années, avec de très faibles variations des ventes. Ce n'est pas le cas ailleurs, par exemple en Wallonie qui reste marquée par une forte instabilité.

D’après le professeur Lieven De Marez, spécialiste des médias à l’Université de Gand, nous vivons une situation paradoxale. C'est précisément parce que les nouveaux médias ont de plus en plus d'adeptes que les journaux classiques sont de plus en plus populaires ", explique Lieven De Marez. L'année dernière en particulier, les Flamands ont pris de nouvelles habitudes numériques. "Mais cela signifie aussi que les inconvénients de cette communication moderne sont de plus en plus évidents ", ajoute De Marez.

Dans un contexte de “fake news”, les lecteurs démontrent qu’ils ont besoin de revenir vers des supports d’information professionnels et crédibles.

Selon Lieven De Marez, le Flamand est conscient que tout ce qui apparaît en ligne n'est pas fiable. C'est pourquoi il revient aux marques d'information traditionnelles, et en particulier vers le site internet de la VRT, les journaux télévisés et les journaux radio, ainsi qu'aux journaux numériques et à la bonne vieille presse papier. "Mais dans l'ensemble, le consommateur d’information opte pour plus de mixité, et non pour une fidélité à vie à un journal ", conclut le professeur Lieven De Marez.

Globalement, près de 8 millions de Belges lisent la presse quotidienne chaque mois, soit 82% de la population. Chaque jour, cela représente 5,62 millions de personnes qui déclarent lire un journal (papier ou PDF), consulter des contenus payants et/ou gratuits sur les sites de presse.

Sans surprise, les lecteurs exclusivement papier sont en légère baisse, au profit des lecteurs exclusivement numériques. Par ailleurs, 23,4 % déclarent lire au moins les deux supports.