Un tunnel ferroviaire supplémentaire pour la jonction Nord-Midi, est-ce la bonne solution ?

Infrabel prévoit de construire un deuxième tunnel ferroviaire le long de la jonction Nord-Midi, rapportent mercredi L'Echo et De Tijd sur base d'un document du conseil d'administration d'Infrabel qu'ils ont pu consulter. La popularité du rail et le développement du RER obligent le gestionnaire du réseau de chemins de fer à augmenter la capacité de la jonction de 30 à 50%.

Ce mercredi matin, un train en panne dans la jonction Nord-Midi a provoqué d’énormes retards sur le réseau, c’est bien la preuve que cette jonction est saturée. Aujourd'hui, aux heures de pointe, pas moins de 88 trains traversent le tunnel à six voies toutes les heures - soit à peine moins que le maximum de 96 par heure. Le moindre problème survenant dans ce goulot d'étranglement provoque d'énormes retards.

Pour la période 2020-2040, trois champs d'action sont explorés par Infrabel et la SNCB. Tout d'abord, la capacité de la jonction actuelle pourrait être augmentée en réduisant les croisements de voies et en améliorant la répartition des trains dans les tunnels. Ensuite, le nombre de trains utilisant les voies de contournement pourrait être augmenté. Mais à long terme, on parle de construire une nouvelle jonction souterraine.

Ce nouveau tunnel devrait permettre d'augmenter la vitesse des trains internationaux traversant la capitale. Deux options sont à l'étude: soit un tunnel entre les gares de Bruxelles-Midi et Bruxelles-Nord, soit entre Bruxelles-Midi et Schaerbeek. Les travaux dureraient dix ans et coûteraient 2 milliards d'euros.

Est-ce vraiment une bonne idée ? Pieter Van Steenwegen (KU Leuven), ingénieur civil et expert en mobilité, est partisan de cette solution, il l’a déclaré ce mercredi matin dans l’émission "De ochtend" sur Radio 1 (VRT). "Nous avons déjà réalisé un certain nombre d'études à ce sujet dans le passé et un nouveau tunnel le long de la jonction Nord-Midi pourrait faire partie de la solution.

Le projjet d'Infrabel fait état d'un coût de 2 milliards d'euros. Pieter Van Steenwegen estime que ce sera peut-être plus: "C'est un peu comme lorsqu’on bâti une maison : cela prend souvent plus de temps et cela coûte souvent plus cher que prévu. Mais je suppose que, en cas d'option pour ce plan, une analyse coûts-avantages approfondie serait effectuée et qu'elle serait comparée aux solutions de rechange"

Un tel tunnel serait ensuite foré sous Bruxelles. Pieter Van Steenwegen n'y voit aucun problème : "Le but de cette technique est précisément de faire en sorte que les personnes en surface soient le moins gênées possible.

"Nous devons aussi envisager des alternatives. On pourrait augmenter la capacité en utilisant davantage les voies autour de Bruxelles et en utilisant mieux les gares située à l'est et à l'ouest de Bruxelles et en améliorant l'offre sur place".

C'est une question d'offre et de demande. "Aujourd'hui, la plupart des gens veulent arriver à Bruxelles-Central. Et on peut s’y rendre directement depuis tous les coins du pays. Il est donc logique que de nombreuses entreprises y soient implantées. Par contre, si vous souhaitez vous installer à l’ouest de Bruxelles, par exemple, vous devez vous assurer qu'il y a une bonne offre, avec une fréquence élevée de trains et de bonnes connexions avec le reste du pays. Cela encouragerait les entreprises à s'y établir. Et ainsi toute l'expansion de la capacité ne devra plus être concentrée autour de Bruxelles-Central."