Les 75 ans de la Libération commémorés à l’ancien camp de concentration de Breendonk

Le Fort de Breendonk a commémoré mercredi le 75e anniversaire de la Libération et le 75e Pèlerinage national en présence du roi Philippe. Ce dernier a rencontré deux anciens détenus du camp de Breendonk. Les 301 détenus tués dans ce fort ont été honorés par des élèves.

Le pèlerinage au Fort de Breendonk a été initié pour la première fois en septembre 1944 lors de la Libération du pays par les Alliés. 

Cet ancien fort militaire a été utilisé comme camp de concentration durant la Seconde Guerre mondiale. Il a été l'unique camp de concentration nazi implanté en Belgique. 

Entre septembre 1940 et septembre 1944, environ 3.600 personnes sont passées par Breendonk. Le mémorial du fort contient des urnes contenant des cendres de déportés qui n'ont pas survécu aux camps. Ces urnes proviennent de Majdanek, Natzweiler, Neuengamme, Ravensbrück, Stutthof, Treblinka, Theresienstadt et Vught.

Au total, 301 détenus sont morts par privation de libération, exécution ou pendaison. Mercredi, ils ont été symboliquement représentés par 301 écoliers portant une rose blanche.

"Victimes d’une idéologie de la haine"

La roi Philippe a assisté à la cérémonie et a rencontré le Baron Roger Coeckelberghs et Louis Boeckmans, deux anciens détenus qui ont survécu à l'enfer de Breendonk. 

Leurs arrières-petits-enfants ont pris la parole et évoqué l'histoire de leurs aïeuls. "Nous leur sommes très reconnaissants pour la lutte qu'il ont menée pour notre pays. La Libération a été le premier pas vers une Belgique libre", a déclaré Michel Jaupart du War Heritage Institute. 

Le roi Philippe a déposé une gerbe de fleurs sur les poteaux d'exécution, témoins du martyre des déportés. "Ils ont été brisés, humiliés, torturés, déportés, exécutés. Voilà ce qu'ont dû subir ici les prisonniers de Breendonk. Victimes d'une idéologie de la haine qui visait à les dépouiller de tout, jusqu'à leur dignité", a déclaré le souverain dans son discours. 

"A l'heure où la génération de ceux qui ont vécu la deuxième guerre mondiale nous quitte, nous devons garder cette mémoire vivante afin de prendre nos responsabilités pour l'avenir. Parce que l'avenir se construit sur le sens que l'on donne au passé", a-t-il encore déclaré. 

La ministre Sophie Wilmès, le bourgmestre de Willebroek Eddy Bevers et le ministre d'Etat André Flahaut étaient également présents lors de la cérémonie.