Des milliers de manifestants à Bruxelles pour le climat, des centaines à Anvers

Quelques 15.000 citoyens se sont rassemblés ce vendredi après-midi dans les rues de Bruxelles depuis la gare du Nord, le point de départ d'une marche pacifique organisée dans le cadre de la troisième "grève mondiale pour le climat". Alors que plus de 5.000 rassemblements étaient prévus à travers le monde, des actions ont eu lieu dans diverses villes belges, dont notamment à Anvers, avec plusieurs centaines de participants.

L’organisation Youth For Climate annonçait ce vendredi le lancement de sa "deuxième saison" d’actions de protestation pour tenter de mobiliser les politiques à prendre de réelles mesures pour endiguer les changements climatiques. Elle appellera dorénavant à marcher (et faire grève scolaire) non plus tous les jeudis, mais un vendredi par mois. D’autres actions sont également annoncées.

Ce vendredi matin, des actions locales ont eu lieu à Louvain, Malines, Geel et Anvers. Dans la cité portuaire, pas moins de 600 à 800 personnes sont descendues dans la rue, ce qui en faisait la plus grosse action pour le climat jamais organisée.

Une lettre ouverte sur "l’état d’urgence du climat" (photo) a été remise par une délégation d’une dizaine de manifestants à l’échevin de l’Environnement Tom Meeuws (SP.A). Ce dernier a déclaré que la ville d’Anvers était en train de planifier notamment l’aménagement de réseaux de distribution de chaleur à partir de la chaleur résiduelle industrielle venant du port.

Les manifestants se sont ensuite rendus à Bruxelles, via la gare du Nord, où le cortège s’est mis en route vers 14h pour rejoindre le parc du Cinquantenaire en passant par la petite Ceinture, la rue de la Loi et Schuman. La police, qui encadrait le flot de manifestants, prévoyait des embarras de circulation jusqu'à 18h. La foule, entre 7 et 77 ans, était hétéroclite : élèves, étudiants, enseignants, militants écologistes, ONG, divers syndicats et grands-parents dans les rangs des participants, réunis sous le slogan "notre maison brûle".

"Les vendredis pour le futur"

Ce grand ralliement s'inscrit dans la campagne "Fridays for Future" initiée par l'adolescente suédoise Greta Thunberg. Partout dans le monde, des jeunes et moins jeunes se mobilisent ce vendredi pour rappeler aux dirigeants de s'attaquer plus sérieusement au réchauffement climatique. "Notre pays a besoin d'une vision à plus long terme pour préparer l'économie et la société aux conséquences du changement climatique. Actuellement, il n'y a aucune vision, stratégie ou planification", regrette le WWF, parmi les nombreuses ONG présentes aux côtés des manifestants, comme Greenpeacen et Amnesty International.

Pour avoir une chance d’arrêter le réchauffement du globe à +1,5 °C (par rapport au XIXe siècle), comme le prévoit l'Accord de Paris, il faudrait que le monde soit neutre en carbone en 2050, selon le dernier consensus de scientifiques mandatés par l'ONU. Or malgré les nombreuses mobilisations citoyennes, les dirigeants sont attendus sur les détails concrets de leurs plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre, encore insuffisants à ce stade. S'ils demeurent inchangés, la planète se dirigera vers un réchauffement de plus de 3° Celsius.

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