A New York, la reine Mathilde dénonce le manque de soins pour les personnes avec un retard de développement

En marge de l’assemblée générale de l’ONU, à New York, la reine Mathilde a plaidé mardi soir en faveur d'une couverture de santé qui soit réellement universelle. Elle dénonçait ainsi l’inaccessibilité de soins de qualité pour un trop grand nombre d’enfants et d’adultes qui souffrent de retards de développement et d’autres handicaps.

"Les progrès dans l'accès à des services de santé adéquats resteront difficiles sans des mécanismes financiers adéquats", a souligné la souveraine belge, ambassadrice pour l'ONU des Objectifs de développement durable (ODD), qui peinent à atteindre leur but faute de financement. La reine Mathilde était l'invitée principale d'un événement sur les enfants et les personnes confrontées au handicap et au retard mental, dans le cadre prestigieux de la Bibliothèque publique de New York, à l'initiative de l'Unicef, l'Organisation mondiale de la santé, les Special Olympics et l'Autism Speaks, un organisme qui soutient les familles concernées par l'autisme aux États-Unis.

La reine a plaidé pour que la "couverture santé universelle" - l'accès de tous dans un pays aux services de santé sans encourir de difficultés financières - soit "comme son nom l'indique: universelle", c'est-à-dire accessible partout sur la planète. Un vœu pieux que l'ONU cherche pourtant à concrétiser à travers ses programmes.

L'organisation mondiale réunira ce jeudi des dirigeants de gouvernements, d'entreprises et du secteur financier à New York pour le premier Dialogue de haut niveau sur le financement du développement. Au-delà de l'aspect financier, la reine Mathilde a aussi appelé à accorder plus d'attention au côté humain: face aux "réactions inadéquates, à la stigmatisation et même à la négligence" auxquelles sont confrontées les personnes handicapées, elle a souligné la nécessité d'une bonne information ainsi que d'une formation adéquate des enseignants et des travailleurs de la santé.

Enfants dans les conflits armés: "les instruments actuels doivent être affinés"

Aux côtés du Prix Nobel de la Paix Nadia Murad, la reine Mathilde a également plaidé mardi à New York pour que les instruments de lutte contre les violences faites aux enfants dans les conflits armés soient améliorés, et notamment leur volet réintégration pour empêcher de nouveaux recrutements.

Au sein du Conseil de sécurité de l'ONU qu'elle a rejoint pour 2019 et 2020, la Belgique préside notamment le groupe de travail sur les enfants dans les conflits armés. Cet organe a conclu cette année deux rappels à l'ordre à l'égard du Myanmar et de la Syrie.

La Belgique y dirigera encore d'autres négociations sur la manière de traiter les violations des droits des enfants au Yémen, en Afghanistan, en Irak et en République centrafricaine. De telles conclusions permettent d'identifier publiquement ceux qui commettent ces violences et suivre de près les situations problématiques.

Mais "les instruments dont nous disposons doivent être affinés pour que leur impact soit durable, avec comme objectif de briser le cycle des conflits", a insisté la reine Mathilde, lors d'un événement co-organisé par la Belgique en marge de l'assemblée générale de l'ONU. La souveraine ambassadrice des Objectifs du développement durable des Nations unies a souligné la nécessité de programmes de réintégration et de réhabilitation pour empêcher que des filles et des garçons se voient recrutés à nouveau. Elle prenait la parole aux côtés de Nadia Murad, jeune militante irakienne des droits humains qui a fait partie des milliers de femmes et de filles yazidies enlevées et réduites à l'esclavage par le groupe Etat islamique lorsqu'il s'est emparé de pans entiers de l'Irak en 2014.

"Une attention particulière doit être réservée aux besoins des filles, outre bien entendu un accès adéquat aux soins de santé - y compris la santé mentale -, à l'éducation et à la protection", a poursuivi Mathilde. "La lutte contre l'impunité est l'une des priorités de la politique étrangère de la Belgique", a confirmé le vice-Premier ministre Alexander De Croo (Coopération au développement). Il note qu'en dehors du Conseil de sécurité, la Belgique reste un contributeur important au mécanisme de suivi et de communication de l'Unicef, qui recueille des informations fiables sur les violations graves des droits de l'enfant en situation de conflit.

Cette année, l'Unicef a lancé un appel aux dons afin de récolter 3,4 milliards d'euros pour fournir une aide humanitaire d'urgence à 41 millions d'enfants éprouvés par la guerre ou les catastrophes naturelles. "Sans espaces sûrs pour jouer en sécurité, sans possibilité de retrouver leur famille et de recevoir un soutien psycho-social, les enfants n'ont aucune chance de panser les blessures psychologiques infligées par la guerre", soulignait la directrice générale de l'Unicef, Henrietta Fore.