Nombre d’adolescents flamands souffrent de troubles psychologiques

Une grande partie des adolescents flamands souffrent de troubles psychologiques, c’est ce qui ressort des premiers résultats d’une vaste étude réalisée par la KU Leuven que la VRT et le magasine Knack ont pu examiner.

Pour cette étude, 2 000 adolescents flamands ont été interrogés sur leur santé mentale. Les facteurs sociaux en particulier semblent jouer un rôle majeur. "Le soutien familial et des amis peut protéger contre les problèmes psychologiques. Par conséquent, soyez attentif aux personnes en difficulté et ne les laissez pas tomber."

La plupart des troubles psychologiques chez les adultes commencent dès l'adolescence

L'adolescence est une période fascinante", déclare le professeur Inez Germeys de la KU Leuven. "C'est une période où les jeunes franchissent des étapes importantes dans leur développement personnel. Mais pendant cette période, les jeunes sont également vulnérables aux troubles psychologiques tels que l'anxiété, la dépression ou la psychose. La plupart des troubles psychologiques chez les adultes commencent dès l'adolescence."

C’est la raison pour laquelle l'équipe du Professeur Germeys, responsable du Centre de psychiatrie contextuelle de la KU Leuven, a voulu étudier l'état de santé mentale des adolescents en Flandre. Dans l'étude SIGMA, 1.913 jeunes de première, troisième et cinquième année du secondaire de toute la Flandre ont reçu un questionnaire. Dans ce questionnaire, ils devaient indiquer dans quelle mesure ils ressentaient certains symptômes psychologiques, tels qu’une mauvaise qualité du sommeil, l'anxiété, la difficulté à se concentrer ou à penser à la mort.

Les résultats de l'étude montrent que la majorité, soit près de la moitié des jeunes interrogés, souffrent de troubles psychologiques légers. Un sur trois déclare ne pas en souffrir ou très peu, mais il y a aussi des jeunes qui souffrent de troubles de gravité moyenne (15,4 %) ou même très graves (2,2 %).

A titre d’exemple, plus de la moitié des jeunes interrogés disent qu'ils sont rapidement contrariés. 46% se sentent nerveux. Plus d'un jeune sur trois se sent inférieur et un sur quatre se sent seul, même accompagné.

Mais selon chercheurs, ce n'est pas parce que vous avez ces symptômes de temps en temps que vous souffrez d’un problème de santé mentale. Les chiffres semblent élevés, mais bon nombre des symptômes étudiés sont en fait caractéristiques des adolescents.

C'est la raison pour laquelle les chercheurs veulent réinterroger ces mêmes jeunes l'année prochaine et dans trois ans.

"De cette façon, nous aurons une image très complète de l'évolution des symptômes psychologiques et de ce qui pourrait être la cause de certains troubles ", déclare le professeur Germeys.

17% des jeunes flamands souffrent de troubles dépressifs

Ce qui préoccupe davantage les chercheurs, c'est le groupe relativement important d'adolescents présentant des symptômes dépressifs. "17% des jeunes se plaignent de troubles modérés à graves. Tout aussi nombreux sont les jeunes qui présentent également des symptômes d'anxiété modérée à grave et environ 14% présentent des symptômes psychotiques, comme le fait d'entendre des voix.

L’étude montre également que le nombre de troubles psychologiques augmente clairement à mesure que les adolescents vieillissent. 11% des étudiants de première année disent avoir des symptômes modérés à graves. En troisième année du secondaire, ce nombre a déjà doublé ; en cinquième année, il concerne 27 % des adolescents interrogés. "Cela indique qu'une intervention précoce en cas de problèmes psychologiques peut être cruciale pour prévenir des problèmes ultérieurs.

Le rôle fondamental des parents et des amis

L'étude SIGMA montre également que la santé sociale et la santé mentale sont étroitement liées. Les adolescents qui sont victimes de harcèlement, mais les harceleurs eux-mêmes, indiquent qu'ils souffrent davantage de troubles psychologiques, et surtout de dépression. Et il n'est pas surprenant de constater que les personnes qui vivent des expériences traumatisantes présentent également des symptômes dépressifs de plus en plus graves.

"Mais c’est en réalité la chose la plus importante qui se dégage de notre enquête", ajoute le professeur Germeys, l'entourage des adolescents peut non seulement augmenter le risque de troubles psychologiques, mais il peut aussi les protéger contre ces problèmes. Par conséquent, soyez attentif aux personnes ayant des problèmes de santé mentale et ne les laissez pas tomber."
 

Les enfants de parents qui leurs accordent beaucoup de soutien et d'attention se sentent mieux en société.

Les adolescents qui se sentent soutenus et qui peuvent en parler lorsqu'ils rencontrent des difficultés ont moins de troubles psychologiques. Les jeunes ayant de bonnes relations sociales ont moins de problèmes . Les parents peuvent jouer un rôle important à cet égard. Il s'avère que les parents ont une grande influence sur la façon dont leurs enfants interagissent avec les autres et sur ce qu'ils ressentent en société.

"Les adolescents qui disent que leurs parents les soutiennent beaucoup et prêtent attention à leurs besoins et à leurs préoccupations, se sentent mieux en société. Ils se sentent plus valorisés, plus à l'aise et ont un meilleur sentiment d'appartenance ", affirment les chercheurs.

Et cela s'applique également aux enfants ayant des parents qui les aident à devenir indépendants. "Il est bon de fixer des limites à vos enfants, mais le contrôle psychologique et émotionnel peut avoir un effet contraire. Ne montrer de l'amour que lorsque votre enfant vous obéit n’est pas une bonne idée. Nous voyons alors que ces jeunes se sentent plus exclus ou moins appréciés.

"Le message le plus important pour les parents est d'accepter le fait que leur enfant n'aille pas toujours bien, d'être ouvert à lui et d'être à son écoute ", conclu le professeur Germeys. Je pense aussi qu'il vaut mieux chercher de l'aide au plus vite plutôt que d'attendre que la situation ne déraille complètement."

Les résultats de l'étude SIGMA sont à présent disponibles dans le magazine Knack. Vous pouvez lire le rapport complet sur ce site internet.