L’accord flamand compte 300 pages : bonus à l’emploi, décret M et écharpe maïorale

Le journaliste politique Ivan De Vadder se penche sur l’accord de gouvernement flamand, dont le formateur et futur ministre-président Jan Jambon (N-VA) a annoncé la conclusion ce lundi vers 7h30 du matin. Il compte 300 pages, abordant notamment les sujets de l’emploi, de l’enseignement, des communes, des néo-arrivants en Flandre. Cet accord est-il suffisamment équilibré pour que chacun y trouve son compte?

Que savons-nous déjà de l’accord de gouvernement flamand ? Dans l’émission de radio "De ochtend" (VRT), Ivan De Vadder tentait de faire le point ce lundi matin. Les partis de la coalition N-VA, CD&V et Open VLD "ont voulu écouter le signal donné par les électeurs", mais il est difficile de savoir ce que ces derniers souhaitent réellement. Le président des démocrates-chrétiens Wouter Beke parle d’une "Flandre proche et sociale avec des droits et des devoirs".

Il est notamment question dans l’accord d’une politique plus sévère à l’encontre des nouveaux-venus en Flandre, en matière d’accès à la sécurité sociale flamande, mais aussi une obligation de payer pour les cours de citoyennisation. La ministre sortante de l’Enseignement, Hilde Crevits, ne veut pas qualifier cela de "renforcement de la politique", mais plutôt d’une "activation".

Deuxième point, poursuit Ivan De Vadder, "la tentative de mettre davantage de gens au travail. Ce qui ne peut être que favorable, car davantage de personnes actives représentent davantage de revenus fiscaux (et moins de dépenses). On ne sait pas encore comment cela se fera précisément, mais il est question d’un bonus à l’emploi qui aiderait les personnes peu qualifiées et celles qui ne gagnent pas beaucoup à mieux s’en sortir financièrement. Mais il ne faut pas oublier que nombre de tremplins à l’emploi se situent au niveau fédéral", souligne le journaliste politique de la VRT.

Troisième accent dans l’accord de gouvernement : "On sait que les négociateurs ont abandonné l’objectif rigoureux de parvenir d’emblée à un équilibre budgétaire. Reste à savoir pour combien de temps. Les libéraux s’opposent à ce que ce soit jusqu’à la fin de la législature. Mais il y a beaucoup de dépenses. Dans le domaine des soins de santé les listes d’attente doivent être résorbées, et puis les droits de succession et d’enregistrement sont revus à la baisse. Il faut de l’argent pour cela. En plus des investissements dans l’enseignement".

Dans la catégorie des points symboliques, la liste est longue, indique Ivan De Vadder. “Open VLD demande depuis 2009 d’abolir l’obligation d’aller voter, de supprimer le vote de liste, d’avoir des élections directes pour le bourgmestre. J’ai l’impression que cela se trouve dans l’accord de gouvernement".

Le CD&V s’est opposé à la fusion de communes et à l’abolition des provinces. Pour la N-VA, c’est le “canon flamand” qui est important (une liste des points d’ancrage de la culture et de l’histoire flamandes, qui sont typiques pour la Région au sein de l’Europe), mais aussi la couleur de l’écharpe maïorale. Le tricolore national sera remplacé par les couleurs de la Flandre (jaune et noir)".

Il faut du temps pour travailler les détails

"Ce lundi matin, on a aussi appris que le Décret M - qui a permis depuis septembre 2015 aux élèves de l’enseignement spécial de s’intégrer davantage dans l’enseignement normal, avec une aide pour les enseignants - sera remplacé par un décret d’accompagnement pour les enfants à besoins spécifiques. Reste à voir en quelle mesure le système actuel sera maintenu", estime Ivan De Vadder.

"Les détails de cet accord de 300 pages mettront du temps à émerger. L’accord du gouvernement wallon n’a aussi révélé ses détails que 2 ou 3 jours après sa conclusion".

L’accord est-il suffisamment équilibré pour que chacun y trouve quelque chose ? "Peut-il éviter que des discussions et des disputes naissent au cours des prochains mois ? Les négociateurs ont en tous cas retenu que la population est fatiguée des détails superflus et des chamailleries inutiles".