Le nouveau gouvernement flamand va mettre fin à sa collaboration avec Unia

Le nouveau gouvernement flamand mettra fin à sa collaboration avec Unia, le centre inter-fédéral pour l'égalité des chances. Cela a été confirmé par le président de la N-VA Bart De Wever lors de la présentation de l'accord de coalition. " Nous voulons mettre fin à la collaboration pour créer nous-mêmes un centre pour l'égalité des chances", a expliqué Bart De Wever.

Cette décision aura des conséquences financières pour Unia qui tire environ 10% de son financement de la Flandre.

Le futur gouvernement ne se retirera toutefois pas complètement de la politique fédérale pour l’égalité des chances puisqu'un nouvel Institut national des droits de l'homme doit voir le jour et auquel les Régions participeront à terme, a fait remarquer Bart De Wever.

Les tensions ont été régulières sont la dernière législature entre la N-VA et Unia. En février 2017, fraîchement nommée secrétaire d'Etat à l'Egalité des chances, Zuhal Demir s'en était prise au centre, estimant qu'il s'occupait trop de choses peu importantes comme la polémique sur le Père Fouettard tandis que sa collègue flamande des Affaires intérieures, Liesbeth Homans, émettait des doutes sur sa neutralité et son objectivité. Les deux administrateurs N-VA d'Unia avaient quant à eux plaidé pour une scission de l'institution car, à leurs yeux, ce sont surtout les francophones qui y posent des problèmes.
 

Els Keytsman : "C'est une décision idéologique et symbolique"

"La décision du gouvernement flamand de mettre un terme à sa collaboration avec Unia est clairement une décision idéologique et symbolique", a déclaré lundi la directrice d'Unia, Els Keytsman, dans une réaction. "Nous travaillons au niveau inter-fédéral. Pour ceux qui veulent organiser tout ce qui est flamand, c'est difficile", écrit-elle sur Twitter, avec une référence implicite au parti au pouvoir la N-VA. L'Unia craint également que la création d'un centre flamand ne conduise à un manque de clarté et à des incertitudes.

Selon l'Unia, en attendant le texte final de l'accord de coalition, on ne sait pas encore quelles en seront les conséquences exactes. "Qu'est-ce que cela signifie pour les citoyens ? Peuvent-ils encore venir à l'Unia avec des questions sur le racisme et la discrimination ? dit-elle. Des questions s'adressent également au personnel du Centre pour l'égalité des chances.

L'Unia s'interroge également sur la création d'une nouvelle institution. Après tout, selon Els Keytsman, l'Unia restera active sur les questions fédérales même après le retrait de la Flandre. "S'il y a une institution flamande, ce sera encore plus un labyrinthe pour les citoyens". "Les gens savent à peine qui peut les aider aujourd’hui, ils le sauront encore moins lorsqu’il y aura une institution supplémentaire.

Enfin, Els Keytsman regrette qu'Unia n'ait jamais été impliquée ni informée de la décision du gouvernement flamand. "On ne sait pas non plus très bien pourquoi cette décision a été prise. Nous n'avons jamais été évalués ", dit-elle dans une vidéo qui a également été diffusée sur Twitter.