N-VA, CD&V et Open VLD parviennent à un accord en vue de former un gouvernement flamand

127 jours après les élections du 26 mai, les négociateurs de la N-VA, de l'Open VLD et du CD&V sont finalement parvenus à un accord, tôt ce lundi matin, en vue de la formation du prochain gouvernement flamand. "Vous avez devant vous un homme fatigué mais heureux", a déclaré le nouveau ministre-président régional, Jan Jambon (N-VA), peu avant 8h.

Les négociateurs étaient réunis depuis dimanche matin 10h à Bruxelles pour tenter de venir à bout des derniers désaccords, portant principalement sur les questions budgétaires, alors que le nord du pays doit faire face à un déficit attendu de plus de 500 millions d'euros en 2020.

Le formateur Jan Jambon avait décidé de s'attaquer d'abord au contenu puis aux mesures budgétaires, ce qui a pris plus de temps.

"Nous y sommes arrivés: nous avons un accord", a affirmé Jan Jambon. "Et c'est un accord volumineux", a-t-il ajouté, justifiant ainsi la durée des négociations. 

"Nous devons nous écouter mutuellement et les chiffres doivent être corrects. Il fallait faire les bons choix et c'est ce que nous avons fait. Maintenant, nous sommes partis pour 5 ans", a confirmé la présidente de l'Open VLD, Gwendolyn Rutten.

"C'est un accord très solide", a enchaîné Hilde Crevits pour le CD&V. "Il répond aux trois conditions de notre parti: une Flandre qui est proche, qui est sociale et où les droits et les devoirs sont en équilibre", a renchéri le président des démocrates-chrétiens flamands, Wouter Beke.

Le contenu du texte sera détaillé au cours d'une conférence de presse prévue ce lundi à midi, à l'hôtel Errera à Bruxelles. Quant à la répartition des postes ministériels, elle doit encore être décidée dans les prochaines heures, selon les négociateurs.

La déclaration de gouvernement est attendue pour mercredi. Plus de 4 mois après les élections du 26 mai, la Flandre est la dernière entité fédérée du pays à former une majorité.

"On verra en 2024 si les négociateurs actuels ont répondu au signal des électeurs"

"Le 26 mai dernier, ce sont les partis les plus extrêmes de l'échiquier politique qui ont gagné des voix en Flandre. En particulier le Vlaams Belang et le Partij van de Arbeid (Parti du Travail de Belgique). Il était important que les trois partis de la coalition actuelle N-VA, CD&V et Open VLD répondent à ce signal", analyse Bart Verhulst, journaliste politique à la VRT.

"Les priorités étaient différentes en matière d'intégration et aussi dans le domaine social. Mais il a fallu prendre des mesures qui soient acceptables pour les trois partis. Il aura fallu beaucoup de temps pour atteindre cet équilibre. Dans les années à venir, et probablement lors des prochaines élections de 2024, on verra si les Flamands pensent que ces partis ont répondu à leur signal".

La Flandre vise un retour à l'équilibre budgétaire en 2021

C'est ce qu'on a appris de sources proches des négociateurs du prochain gouvernement régional.

Cette question constituait l'une des principales pierres d'achoppement dans la dernière ligne droite des discussions, la Flandre devant résorber un déficit attendu de plus de 500 millions d'euros en 2020. Dans ce cadre, l'une des pistes examinées envisageait un retour à l'équilibre à la fin de la législature, en 2024. Inacceptable, pour certains partenaires de la majorité.

C'est finalement 2021 qui devrait marquer le retour à l'équilibre du budget flamand.