Thibault vit dans un refuge pour homosexuels : "Chez moi je ne pouvais même plus prendre une douche "

Il y a exactement un an le "refuge" ouvrait ses portes à Bruxelles. Il s’agit d’un lieu d'hébergement et d'accompagnement de jeunes de 18 à 25 ans expulsés de chez eux et livrés à eux-mêmes en raison de leur orientation sexuelle ou leur identité de genre. Radio 2 Vlaams Brabant (VRT) a interviewé Thibault, un des jeunes qui y est hébergé.

En octobre 2018, après une énième dispute, Thibault quitte ses parents. Son coming out a mené à toute une série de harcèlements.

Le projet, inspiré d'un modèle qui a fait ses preuves en France, est une première en Belgique. Les jeunes y reçoivent aussi une aide psychologique et juridique. "C'était de pire en pire", raconte Thibauld. "À un moment donné, j'étais enfermé dans ma chambre le soir. Je ne pouvais plus aller aux toilettes, je devais utiliser une bouteille pour uriner. Je n'avais plus le droit d’aller dans le frigo et prendre une douche m'était aussi interdit."

Thibauld quitte alors sa maison et se retrouve dans le refuge pour gais et lesbiennes. "Je ne sais pas où j'aurais fini si ce refuge n'avait pas existé", déclare Thibauld. "J'aurais probablement fini dans la rue et ma vie aurait été très différente de maintenant".

17 jeunes y sont hébergés

En l'espace d'un an, le refuge a déjà accueillis 17 jeunes âgés de 18 à 25 ans, dont certains sont demandeurs d'asile. "Beaucoup de gens quittent leur pays à cause de leur orientation sexuelle ", explique Dimitri Verdonck, porte-parole du refuge. "Mais ils se retrouvent aussi souvent dans des situations de conflit dans nos centres d’accueil pour demandeurs d'asile. Les personnes LGBT ou transgenres ne sont pas toujours acceptées là-bas non plus."

Le foyer aide les jeunes à se construire une vie. "Ce n'est pas facile, nous vivons dans la peur ", ajoute Thibauld. "Ici nous sommes à l'aise. Avec le soutien des autres jeunes et des volontaires, nous trouvons notre voie." Après neuf mois, Thibauld est prêt à quitter le refuge. "Je vais chercher un emploi d'assistant social et je cherche aussi un appartement."

50 demandes par an

Le refuge est aussi à la recherche d’un nouveau bâtiment. "Nous recevons au moins une demande par semaine ", explique encore Dimitri Verdonck. "Pour l'instant, nous ne pouvons accueillir que 8 personnes, nous sommes donc à la recherche d'un bâtiment plus grand.

Actuellement, il n'y a pas de centre d'accueil en Flandre. "Nous accueillons aussi des jeunes qui viennent de Flandre ", ajoute Dimitri Verdonck. "Il serait peut-être intéressant pour eux d'avoir aussi un refuge plus près de chez eux".

Le "refuge" inspiré d'un modèle qui a fait ses preuves en France, est une première en Belgique. Les jeunes y reçoivent aussi une aide psychologique et juridique.

Etre accepté

Thibauld espère toujours que ses parents finiront par accepter ses préférences sexuelles. "Tout le monde ici espère que tôt ou tard, être accepté  à la maison", déclare Thibauld. "Cela fait mal de ne pas être accepté par ses propres parents, tu espères toujours qu’un jour ils te prendront dans leur bras".