Crevits et Beke au gouvernement flamand: qui prendra la présidence du CD&V ?

Maintenant que l'on sait que Hilde Crevits prolonge son séjour au sein du gouvernement flamand, la lutte pour la présidence du CD&V peut vraiment commencer. Après le départ annoncé de son président Wouter Beke, plusieurs noms de potentiels candidats ont surgi. Il semble toutefois que tout le monde attendait de connaître la décision de la populaire ministre flamande pour effectivement se positionner.

Après neuf ans de présidence, Wouter Beke va donc céder le relais. La lourde défaite du parti démocrate-chrétien flamand lors des dernières élections l'a fait réaliser qu'il valait mieux en confier les clés à quelqu'un d'autre.

Depuis lors, plusieurs personnalités du CD&V s'étaient manifestées, avec, en premier lieu, Hendrik Bogaert (51 ans). Il insiste depuis un certain temps pour que le parti s'éloigne du centre au profit de la droite. Entrer dans un gouvernement fédéral sans la N-VA est, pour lui, hors de question. Il avait en outre indiqué il y a quelques mois envisager sérieusement une candidature.

Pieter De Crem (57 ans) est une autre personne à être sortie du bois en faveur d'un courant plus à droite au sein des démocrates-chrétiens flamands. Celui qui est aujourd'hui vice-Premier ministre avait déjà tenté sa chance dans le passé pour la présidence mais avait dû s'incliner face à Jo Vandeurzen. "Crembo" avait annoncé il y a quelques mois qu'il continuerait à faire partie du gouvernement en affaires courantes, par devoir, avant de se retirer dans sa commune d'Aalter. Une nouvelle candidature serait donc surprenante, même si on ne sait jamais avec Pieter De Crem.

Un nom relativement nouveau est celui de Vincent Van Peteghem (38 ans). Il jouit d'à peine deux ans et demi d'expérience en tant que député fédéral mais il est, entre-temps, devenu bourgmestre de De Pinte, en Flandre orientale. Lors des dernières élections, il a été élu à la troisième place au Parlement flamand. Ces dernières semaines, il s'est surtout exprimé en tant que porte-parole des dénommés "douze apôtres" du CD&V, un groupe de travail qui a dû évaluer le fonctionnement du parti après la défaite électorale de mai dernier.

Sammy Mahdi (31 ans), le président des jeunes chrétiens-démocrates, n'a, lui, ni confirmé ni infirmé sa candidature au poste. Ce résident de Vilvorde a facilement trouvé son chemin vers les médias et est très à l'aise avec les réseaux sociaux, un domaine où son parti excelle par son absence, selon le rapport du groupe de réflexion interne.

Vers une lutte gauche-droite?

Il est très probable qu'au moins l’une des personnalités présentées ci-dessus annonce prochainement sa candidature. Jusqu’ici, elles attendaient toujours de connaître la position de Hilde Crevits (52 ans) avant de s'affirmer. Depuis l'annonce de Wouter Beke, la ministre flamande n'avait rien dévoilé de son jeu. Avec son bon résultat électoral de mai dernier, elle aurait probablement coupé l'herbe sous le pied aux autres candidats potentiels.

Ce n'était pas un choix facile, a-t-elle reconnu mercredi matin sur les ondes de Radio 1. Elle a rappelé être ministre depuis déjà douze ans et relevé qu'au regard du rapport des "douze apôtres", sa candidature aurait pu créer quelques tensions et qu'il y avait un besoin de renouveau à la tête du parti.

Aux yeux de Hilde Crevits, il est dès lors important que les membres du CD&V choisissent ensemble un nouveau visage qui puisse façonner le parti du futur. Celui-ci pourrait cependant être marqué par une lutte entre les courants de gauche et de droite, au lieu de l'unité tant attendue.

"J'espère que les membres choisiront quelqu'un qui ne séparera pas mais unira. Je pèserai de tout mon poids pour que le parti reste uni", a-t-elle promis. Maintenant que cette personnalité très populaire a décidé de rester fidèle au gouvernement flamand, la lutte pour la présidence du CD&V peut vraiment commencer. Un affrontement qui pourrait aller dans toutes les directions.