Le gouvernement Jambon Ier n’est pas tout à fait celui qu’on attendait… Voici pourquoi

L’équipe du nouveau gouvernement flamand est désormais connue. Le casting a révélé quelques surprises. Le journaliste politique de la VRT, Ivan De Vadder, nous énumère les faits qui l’ont le plus frappé.

Un ministre supplémentaire pour le CD&V

Le premier fait frappant est l’obtention d’un poste supplémentaire pour les chrétiens-démocrates flamands. "Nous étions parti du principe que la distribution prendrait la forme d’un 5-2-2, respectant ainsi l’importance des partis ", explique Ivan De Vadder. "Cela ne s’est pas passé comme ça et c’est un peu surprenant. La N-VA n’a finalement que 4 ministres, le ministre-président Jan Jambon inclus. Le CD&V repart, lui, avec 3 postes".

Ce troisième poste concerne la politique bruxelloise. "C’est un peu le  poste ingrat du gouvernement flamand. Ce gouvernement gère aussi bien le régional que le communautaire. Et les éléments communautaires font partie des compétences du ministre chargé de la politique bruxelloise, car il ne peut dans les faits traiter que des dossiers liés à la culture, la jeunesse ou les médias", souligne-t-il.

La fonction a finalement été attribuée au jeune Benjamin Dalle, que le journaliste qualifie de "très intelligent", ajoutant que l’homme de 37 ans était l’une des seules personnes à bien connaitre la réforme de l’Etat, puisqu’il y a contribué.

Wouter Beke provoque deux déceptions

Hilde Crevits, figure forte du CD&V, a finalement été désignée à l’Emploi, l’Economie, l’Innovation et l’Agriculture. Ivan De Vadder la voyait davantage prendre le portefeuille du Bien-Etre. C’est finalement Wouter Beke qui sera en charge de ce département. "Il s’agit d’une compétence lourde. Financièrement, elle représente un tiers du budget du gouvernement flamand, tout comme l’Enseignement", précise le journaliste.

"Wouter Beke est peut-être l’une des figures les plus controversées du CD&V. Alors qu’il a confirmé hier ne plus vouloir se porter candidat à la présidence du parti, et qu’il est ministre du gouvernement fédéral en affaires courantes, on apprend qu’il passe à présent au niveau flamand. Ce faisant, il provoque en fait deux déceptions : l’ex-ministre de l’Environnement, Joke Schauvliege, et le chef de groupe Koen Van de Heuvel, avaient en effet des attentes. Au congrès, la décision n’est pas passée sans remous".

Et l’Intégration est attribuée à… l’Open VLD

D’après Ivan De Vadder, les trois partis sortent satisfaits de la distribution des portefeuilles. "La N-VA embarque deux compétences lourdes, en l’occurrence l’Enseignement, que les nationalistes flamands voulaient depuis longtemps, ainsi que les Finances, le Budget et le Logement. Il y a aussi Zuhal Demir qui obtient l’Energie et la Justice. C’est tout de même une solide équipe pour la N-VA qui pourra déployer ses priorités".

Le journaliste met enfin un dernier fait marquant en avant : l’Intégration est attribuée aux libéraux flamands. "On le ressent clairement, chaque parti reçoit finalement un point important de ce gouvernement. L’Emploi va au CD&V, l’Enseignement et la politique générale à la N-VA, et l’Intégration, qui a énormément attiré l’attention pendant la présentation de l’accord, va finalement à l’Open VLD. Bart Somers, avec son modèle malinois, voulait devenir ministre du Vivre-ensemble. Reste à voir à présent à quel point sa politique d’intégration sera menée sévèrement, et dans quelle mesure le ton adopté s’écartera de celui présenté par l’accord flamand", conclut Ivan De Vadder.