En finale à Doha, les Belgian Tornados et Cheetahs ont déjà leur ticket pour Tokyo

Au 9e jour des 17e championnats du monde d’athlétisme à Doha, tant l’équipe féminine que masculine belges du relais 4x400m se sont qualifiés pour la finale dans leur discipline et ont décroché une place pour les Jeux Olympiques au Japon en 2020. Les Belgians Tornados sont ainsi assurés d'une quatrième présence consécutive l'année prochaine aux JO, à Tokyo du 24 juillet au 9 août. Quant aux Cheetahs, elles ont réalisé un nouveau record de Belgique en demi-finale.

Dylan Borlée, Julien Watrin, Jonathan Sacoor et Kevin Borlée - un quatuor inédit - ont terminé deuxièmes de la seconde série du 4x400m masculin en 3:00.87, derrière la Jamaïque (3:00.76). Ils ont aussi réussi le troisième temps des séries, les Etats-Unis malgré un très mauvais 3e passage de témoin ont été crédités de 3:59.89.

Ce dimanche à 20h30 (belges), les champions d'Europe en titre aborderont leur 6e finale consécutive en championnats du monde. Leur meilleur résultat est la 4e place obtenue en 2009, 2011, 2013 et 2017, et le "pire" une 5e en 2015. "Le troisième temps aujourd'hui ne veut pas dire grand-chose pour demain", a tempéré Kevin Borlée qui a attendu la dernière ligne droite pour s'isoler à la 2e place "dans les cinquante derniers mètres je n'ai pas insisté, nous étions qualifiés et il fallait en garder pour demain (dimanche)."

"Tout le monde a fait son travail", a estimé Jonathan Saccor qui a reconnu "avoir pris un petit risque à la bagarre avec le Sud-Africain dans le 3e relais". "Ce n'est pas parce qu'on est en finale qu'on va être heureux d'une 8e place" soulignait Dylan Borlée. "On va se battre comme des lions. On est encore la meilleure équipe européenne ce soir et on espère faire partie des meilleures mondiales demain."

Julien Watrin, qui n'avait plus occupé la 2e place depuis les World Relays 2017, se réjouissait de la qualification olympique. "Cette course vient de définir toute la saison prochaine", soulignait celui qui fait partie de l'aventure des Tornados depuis 2014. Le record de Belgique, qui pourrait être menacé dimanche, est de 2:58.52 par Julien Watrin, Jonathan Borlée, Dylan Borlée et Kevin Borlée en finale des JO de Rio le 20 août 2016.

Les Tornados vont aborder leur 14e finale dans un grand championnat (JO, Mondiaux, Euro), leur 16e en tenant compte des World Relays, et de la 24e si on ajoute les grands championnats en salle (Mondiaux et Euro). Les Tornados comptent dix podiums (12 avec les Relais mondiaux) dans ces diverses compétitions et cinq médailles d'or en championnats d'Europe. Ils sont actuels détenteurs des titres continentaux en salle et en plein air. Doha reste un grand moment dans l'histoire de ce relais puisque c'est dans la capitale du Qatar qu'il avait eu le droit de monter sur son premier podium mondial, sur la 2e marche, à l'occasion des Mondiaux en salle 2010.

Les Tornados, avec Jonathan Borlée (et pas Julien Watrin, qui courait ce samedi à Doha)

"On a eu raison d'y croire", se réjouissent les Cheetahs

"Cheethas on fire". On a entendu bien fort le cri du relais belge féminin du 4x400m, samedi soir dans la zone d'interview du stade Khalifa de Doha. Hanne Claes, Imke Vervaet, Paulien Couckuyt et Camille Laus venaient d'arracher leur place en finale des championnats du monde, avec à la clé un nouveau record de Belgique en 3:26.58.

Si la joie était au rendez-vous à l'arrivée, un court moment dans le stade dans l'attente des chronos, le doute s'était un peu installé. Camille Laus venait de se faire souffler la 3e place et la qualification directe pour la finale. "Je savais avant la course que les Pays-Bas étaient 4es en 3:27, on pouvait passer", expliquait Laus. "Donc, quand j'ai vu l'Ukrainienne me dépasser sur la ligne - je ne l'avais pas du tout senti revenir - j'ai regardé les temps et elles avaient fait 3:26 et quelque chose. Comme je savais que cela se jouait à un ou deux centièmes, je savais que c'était bon".

La Belgique était la première équipe qualifiée au temps puisque seules les trois premières des deux séries avaient leur billet automatique. Les Pays-Bas, 4e de la 1e série en 3:27:40, sont les autres finalistes retenus grâce à leur prestation chronométrique. L'ambition des Belgian Cheetahs dans la capitale du Qatar était de se frayer un chemin jusqu'en finale. Celle-ci offrait une première porte d'entrée aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2020.

Les Cheetahs avaient obtenu leur ticket pour Doha grâce à leur 10e place (2e de la finale B) aux Relais mondiaux de Yokohama le 12 mai dernier. Avec le 12e temps d'engagement des seize équipes présentes à Doha, la mission des Cheetahs n'était pas aisée, même si elles comptaient sur les progrès chronométriques effectués par chacune d'entre elle depuis le printemps. Camille Laus, à l'origine du projet de ce relais en mars 2018, rappelait que "quand on met en place un projet avec envie et passion, on peut y arriver. Dès le départ on avait dit qu'on voulait aller au Jeux. Personne n'y croyait. C'est une belle récompense."

Kevin Borlée, son compagnon, qui a qualifié les Tornados pour la finale et donc aussi les Jeux soulignait: "On ne donnait pas cher de leur peau. On ne voulait même pas les envoyer et elles sont en finale." La Ligue belge (LRBA) avait hésité à sélectionner les relais féminin et mixte car un de leur critère - une performance dans le Top 12 mondial - n'était pas remplie. Les Belges savaient qu'elles devaient effectuer la course parfaite pour passer. "Elle n'a pas été parfaite parce que ce centième à l'arrivée, je ne le digère pas", a commenté Camille Laus, victime d'un malaise à l'arrivée et conduite à l'infirmerie où elle a été prise de vomissements avant de retrouver ses équipières et rencontrer la presse.

"C'est un sentiment incroyable, on va à Tokyo", résumait la cadette de l'équipe Paulien Couckuyt qui a donné le témoin en 3e position après le 3e relais. "On est un vrai groupe" insistait Imke Vervaet, "c'est cela qui nous permet de nous dépasser. On est des vraies copines." Le précédent record de Belgique était de 3:27.69. Il avait été établi par Cynthia Bolingo, Hanne Claes, Justien Grillet et Camille Laus le 11 août 2018 en finale de l'Euro de Berlin où nos représentantes avaient pris la 4e place.

Bolcina/Photo News
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