La VRT craint de devoir économiser quelque 44 millions d’euros en 2024

La direction de la radio-télévision publique flamande annonce ce vendredi midi que les économies qui lui sont imposées par le nouveau gouvernement flamand pour ces prochaines années sont plus importantes que ce qui avait été escompté. Une première analyse révèle en effet que le montant total de l’économie attendue grimpera jusqu’à 44 millions d’euros d’ici 2024, et pas 12 millions d’euros comme l’indiquent les tableaux budgétaires.

Dans une communication adressée à son personnel, la direction de la VRT n'a pas caché ce vendredi le choc qu'elle a ressenti en prenant connaissance de l'ampleur des efforts demandés par le nouveau gouvernement flamand. D’après les données budgétaires diffusées par l’équipe Jambon I, le service public flamand de radio et télévision devra économiser l’an prochain 2,4 millions d’euros, et son économie devra augmenter les années suivantes pour atteindre 12 millions d’euros en 2024. "Mais il y a davantage encore", indique la direction qui a pu faire une première analyse des chiffres du budget.

"En raison de la non-indexation de la dotation de la VRT et des coûts des pensions du personnel, l’épargne totale se chiffrera à plus de 40 millions d’euros en 2024", indique l’administrateur-délégué Paul Lembrechts (photo).

"Ceci engendre une grande inquiétude à propos de l’impact que ces économies auront sur la VRT, sur le secteur des médias et par extension sur le secteur de la création dans notre pays. Nous avons besoin de temps pour analyser les chiffres en profondeur. Avec cette analyse, nous entamerons une concertation avec le cabinet du ministre des Médias (Benjamin Dalle du CD&V), avec le gouvernement flamand et avec le Parlement flamand", indique la direction de la VRT.

Nicolas Maeterlinck

'La limite vers le bas est atteinte"

"Nos économies ont débuté en 2007. Au cours des douze dernières années, plus de 600 membres du personnel ont dû quitter la VRT. En plus de cela, des millions d’euros ont été retirés de notre dotation. Année après année, nous avons eu droit à des économies lourdes. Pour nous, la limite inférieure est maintenant atteinte. Nous espérons que le gouvernement et le Parlement flamands le comprendront", indique le porte-parole de la VRT, Bob Vermeir.

Les premières économies se feront sentir dès l’an prochain. La VRT devra alors s’en sortir avec 2,4 millions d’euros en moins. La direction a préparé un plan pour maintenir le fonctionnement de la maison. "Nous pourrons ainsi en quelque sorte absorber les économies imposées. Cela nous donne du temps pour négocier avec le gouvernement flamand et le Parlement, et pour envisager les options qui nous permettrons de préserver un service public flexible et dynamique".

Des emplois menacés ?

Le syndicat socialiste ACOD estime que 250 emplois pourraient être menacés à la VRT à cause des économies imposées. Mais la direction ne veut pas parler de pertes d’emplois. "A l’heure actuelle, il n’y a pas de conséquences concrètes pour le personnel".

"Nous voulons conserver notre offre au même niveau l’an prochain. Et nous espérons pouvoir le faire les années qui suivront, à la suite des négociations que nous mènerons avec le gouvernement flamand”.

Le ministre Dalle (photo), contacté par l’agenda Belga, n'a pas confirmé le chiffre de 44 millions, qui est selon lui le résultat d'un calcul interne à la VRT. Il renvoie aux prochaines confections budgétaires et à la préparation du nouveau contrat de gestion, et promet un dialogue sur la manière dont les efforts seront réalisés. "Il est clair qu'un exercice d'efficience touchera aussi la VRT, mais nous envisagerons en priorité des non-remplacements de départs à la pension".