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Le bourgmestre de Vilvorde réclame l’intervention du conseil national de sécurité

Inquiet de l'évasion de combattants de l'Etat Islamique (et de membres de leur famille) du camp kurde Ain Issa, où ils étaient détenus, après l'offensive menée par la Turquie dans le nord de la Syrie, le bourgmestre de Vilvorde, Hans Bonte, appelle à une intervention du conseil national de sécurité. Ce dernier doit se réunir mercredi, a annoncé le cabinet du Premier ministre Charles Michel, ce lundi après-midi.   

A l’heure actuelle, au moins une femme belge se serait évadée du camp, tandis que deux autres femmes belges de combattants de l’EI y seraient encore mais ont déclaré au reporter Rudi Vranckx (VRT) qu’elles ne peuvent y rester.

"Le conseil national de sécurité doit donner des consignes claires aux administrations et aux polices locales sur la manière de gérer localement ce conflit et il doit leur expliquer comment réagir face aux tensions qui peuvent naître dans certains quartiers"", a notamment estimé Hans Bonte (SP.A) interviewé dans l'émission matinale "De Ochtend" sur Radio 1.

Il craint que nombre de prisonniers qui se sont enfuis soient en route vers l’Europe. "C’est sans doute aussi une des raisons pour lesquelles Paul Van Tigchelt estime que nous devons reprendre les combattants et leurs familles de façon contrôlée, afin de les faire juger en Belgique". Van Tigchelt dirige l'Ocam, l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace.

"Si on ne le fait pas, je suis certain que des gens qui étaient prisonniers dans le camp Ain Issa vont réapparaitre tôt ou tard en Europe. C’est aussi ce que prédisent des observateurs internationaux. Le ministre de la Justice Koen Geens fait juste le contraire", déclarait Bonte (photo).

"Les gens veulent revoir leurs petits-enfants"

Le bourgmestre de Vilvorde a par ailleurs plaidé pour un retour des enfants des combattants belges en Syrie, dont beaucoup sont partis de la commune de Vilvorde. "Il n'y a aucune raison de laisser des familles mourir là-bas, et encore moins des enfants. Je ne comprends absolument pas que de petits Belges soient abandonnés à leur sort", a-t-il dit.

"Il faut savoir que la situation en Syrie suscite aussi des émotions en Belgique, là où des Turcs cohabitent avec des Kurdes, où des Kurdes cohabitent avec des Marocains, notamment. Et la Belgique a été malheureusement un grand fournisseur d’Européens pour le front de l’EI. Pour Vilvorde, cela signifie une cinquantaine d’enfants nés de parents belges".

Et Hans Bonte de poursuivre : "Quand on voit presqu’en direct à la télévision que les camps se vident, cela redonne espoir à beaucoup de gens ici. Ils prennent à nouveau des contacts, ils se renseignent sur ce qu’ils peuvent faire, parce qu’ils veulent absolument voir rentrer leurs petits-enfants, qui n’ont rien à voir avec le conflit".

Composé du Premier ministre, des vice-Premiers et des ministres de la Justice, de la défense, de l'Intérieur et des Affaires étrangères, le conseil national de sécurité définit les grandes lignes politiques à suivre par les services de renseignement belges.  Le cabinet du Premier ministre Charles Michel a fait savoir, ce lundi après-midi, que le conseil national de sécurité se réunirait mercredi à propos de la situation au nord de la Syrie.

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