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Accord révisé sur le Brexit : les politiques belges se montrent prudents

Les négociateurs européens et britanniques sont parvenus ce jeudi à un accord révisé sur le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne. C’est ce qu’a annoncé, peu avant midi, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Les politiques belges se disent avant tout soulagés de voir le spectre du "no deal" (absence d’accord) s’estomper, mais sont bien conscients qu’il va falloir que l’accord aménagé soit approuvé par le Conseil européen et surtout le parlement britannique. Ce qui est loin d’être gagné d’avance.

Le nouveau ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA) a exprimé son soulagement via Twitter : "Le no deal est détourné". Et d’ajouter: "Plein d’espoir pour que tout se passe bien au Conseil européen et samedi à la Chambre des Communes" (photo principale).

Jan Jambon soulignait également qu’un Brexit ordonné serait une bonne nouvelle pour la Flandre et pour l’Union européenne. Son prédécesseur, Geert Bourgeois, avait aussi déjà exprimé de vives craintes face à l’éventualité d’un retrait du Royaume-Uni sans accord. "J’ai peine à imaginer quelque chose de plus difficile", avait déclaré l’ancien ministre-président flamand.

"La balle est dans le camp des parlements"

L’ancien Premier-ministre belge Guy Verhofstadt (Open VLD/ADLE), président du groupe de pilotage du Parlement européen sur le Brexit, a réagi pour sa part : "Je déplore le Brexit, mais s'il doit malgré tout advenir, alors ceci est un accord équilibré".

"Voyons maintenant si le Premier ministre britannique Boris Johnson peut trouver une majorité à la Chambre des Communes", le Parlement britannique », a ajouté Verhofstadt à son arrivée à une réunion de son groupe politique, Renew Europe, précédant l'ouverture du sommet européen. "Si c'est le cas, nous étudierons minutieusement l'accord au Parlement européen".

Guy Verhofstadt confirmait ainsi que le Parlement européen n'a plus l'intention de se prononcer sur l'accord de retrait avant la Chambre des Communes, comme cela avait été le cas pour le premier accord conclu avec Theresa May. La Chambre des Communes devrait se réunir exceptionnellement ce samedi pour se pencher sur l'accord, s'il est approuvé ce jeudi par les 27 pays membres de l’UE, ce qui est très probable. "La balle est maintenant dans les camp des Parlements, des deux côtés de la Manche", concluait Verhofstadt.

"Le diable peut se trouver dans les détails"

Le Premier ministre Charles Michel (MR), futur président du Conseil européen, s’est aussi montré heureux mais réservé sur l’accord révisé, au micro de VRT NWS. "Il s’agit certainement d’un signal positif. C’est un moment d’optimisme, qui était nécessaire parce que les trois années passées ont été difficiles".

"C’est un pas possible dans la bonne direction, mais je reste prudent. C’est dans mon caractère, mon tempérament. D’expérience je sais que le diable peut souvent se trouver dans les détails", concluait Charles Michel (photo).

Quant au ministre des Affaires Etrangères, Didier Reynders (MR), il se trouvait ce jeudi en visite officielle au Luxembourg avec le couple royal. Interrogé par le quotidien Grenzecho, il soulignait que le but a toujours été de protéger le marché intérieur européen et de montrer sa solidarité envers l’Irlande.

"Les Britanniques nous ont sans cesse répété ce qu’ils ne voulaient pas. J’espère qu’ils nous diront maintenant ce qu’ils veulent réellement".

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