Michel au sommet européen : "Le dialogue sur l'élargissement doit se poursuivre "

Le Premier ministre Charles Michel (photo), qui prendra la tête du Conseil européen en décembre, a plaidé ce vendredi pour une poursuite à l'avenir du dialogue sur la question de l'élargissement de l’Union européenne. La veille, les 28 ne sont pas parvenus à s'accorder sur l'ouverture de négociations d'adhésion avec la Macédoine du Nord et l'Albanie. Le Conseil européen a par contre validé jeudi le nouvel accord de divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, dégagé le matin-même par les négociateurs des deux camps avant le début du sommet à Bruxelles.

La France, à la pointe des quelques pays récalcitrants à l’élargissement, réclame une révision du processus d'adhésion avant d'ouvrir des discussions avec Skopje et Tirana. "Après un débat intense, nous avons constaté hier soir qu'il n'était pas possible de trouver une unanimité. Nous devons continuer à dialoguer", a estimé Charles Michel, à son arrivée au deuxième jour d'un sommet à Bruxelles.

"Le dossier va désormais être transmis au Conseil de l'UE, nous allons voir comment cela évoluera", a ajouté le Premier ministre sortant, tout en rappelant l'importance stratégique des Balkans occidentaux pour l'Union européenne. "De nombreux autres acteurs" tentent de jouer un rôle dans cette région, a d'ailleurs mis en garde Michel.

Un avertissement similaire avait été exprimé, plus explicitement, par le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov, dès la veille. Si l'Europe se détourne des Balkans, des Etats comme la Russie, la Chine et la Turquie en profiteront, avait-il lancé. Outre la France, les Pays-Bas et le Danemark auraient exprimé des réserves lors du débat sur l'élargissement jeudi soir.

Charles Michel n'a pour sa part pas pu jouer de rôle actif dans la discussion. "Compte tenu des affaires courantes et de l'absence de majorité parlementaire", la Belgique pouvait en effet uniquement se joindre à un éventuel consensus, a-t-il précisé. En tant que futur président du Conseil, le libéral n'a par ailleurs pas souhaité donner son opinion personnelle sur la question, soulignant l'importance de se montrer neutre dans sa prochaine fonction, afin de pouvoir jouer un rôle de "conciliateur".

Les chefs d'Etat et de gouvernement des 27 (l'UE des 28, sans le Royaume-Uni) ont abordé ce vendredi non seulement l’accord de Brexit révisé et l’élargissement de l’Union aux pays des Balkans, mais aussi le budget 2021-2027, l’attaque turque dans le nord de la Syrie, ainsi que la politique européenne en matière de climat.