Olivier Vin - heymana.com

Ce que révèlent les statistiques officielles sur la Belgique

C'est une véritable mine d'informations que l'Office statistique belge, Statbel, a dévoilé vendredi à deux jours de la journée européenne des statistiques. Publiées épisodiquement pour la plupart, les données maintenant rassemblées permettent d'avoir une vue globale de la Belgique et de sa société au cours de l'année dernière.

Hausse de la population, surtout à Bruxelles

Le Plat pays comptait au 1er janvier dernier 11.431.406 habitants, dont 57,6% en Flandre, 31,8% en Wallonie (dont 0,7% en communauté germanophone) et 10,6% en Région de Bruxelles-Capitale.

Si le nombre d'habitants a augmenté dans toutes les Régions au cours de 20 dernières années, la part de population belge vivant dans les 19 communes bruxelloises a crû aux dépens des deux autres Régions.

12% d’étrangers dont deux tiers Européens

C'est grâce à l'immigration que la population du pays continue à augmenter (l'excédent des naissances sur les décès n'était que de 7.155 personnes l'an dernier, sur 55.336 nouveaux résidents).

Malgré les mouvements migratoires, la population belge ne cesse de vieillir, et c'est singulièrement le cas en Flandre. Contrairement aux autres Régions, on y recense moins de jeunes (- de 18 ans, 19,4%) que de personnes âgées (+ de 65 ans, 20,2%).

La population étrangère représentait en 2018 12,2% de la population totale du pays, avec 1.391.425 personnes. Deux-tiers d'entre elles avaient une nationalité européenne (française et néerlandaise en tête).

Hausse des permis de construire en Flandre

Si la population continue donc à croître, étoffée par le solde migratoire et de naissances, la densité n'a elle pas augmenté l'an dernier. En cause? Le gain de 160 km2 (la taille de la Région bruxelloise) de plages à marée basse désormais comptabilisés par Eurostat. La superficie totale du pays s'élève donc aujourd'hui à 30.668 km2, dont 55,1% pour la Wallonie et 44,4% pour la Flandre.

Reste que cette apparente stabilité ne freine en rien la hausse du prix de l'immobilier, ni même l'appétit des bâtisseurs. L'an dernier, l'on a assisté à une hausse de 26,2% des permis de bâtir délivrés pour des logements unifamiliaux et de 22,9% pour des appartements. En légère baisse à Bruxelles et relativement stables en Wallonie, c'est la Flandre qui s'apprête à voir un nombre inhabituellement élevé de nouvelles constructions sortir de terre.

Le prix médian des biens existants enregistre lui une hausse continue et s'affichait l'an dernier, pour l'ensemble du pays, à 182.000 euros pour un appartement, 285.000 pour une maison 4 façades et 200.000 euros pour une 2 ou 3 façades.

6% d'écart salarial entre hommes et femmes

Côté économie, le produit intérieur brut de la Belgique s'élevait à 450,5 milliards d'euros en 2018, soit 2,8% du PIB de l'Union européenne, alors que la population belge ne représente que 2,2% de celle de l'UE. En termes de PIB par habitant, la Belgique se situait devant la France et le Royaume-Uni, mais loin derrière le Luxembourg et à quelques points des Pays-Bas et de l'Allemagne.

Les prix à la consommation ont par ailleurs augmenté plus vite chez nous que chez tous nos pays voisins, à l'exception du Royaume-Uni, depuis 2012, relève encore Statbel.

Le taux d'emploi, de 69,7%, restait inférieur à celui de l'UE l'an dernier (73,1%) et seules la Grèce, l'Italie, la Croatie et l'Espagne en connaissaient un encore plus bas.

Autre point noir, l'écart de salaire horaire entre les femmes et les hommes était encore de 6% l'an dernier. Enfin, Statbel relève encore que le niveau d'instruction de la population belge a fortement augmenté entre 1986 et 2018. A l'époque, 65,1% des hommes et 71,2% des femmes de 15 ans et plus détenaient tout au plus un diplôme de l'enseignement secondaire inférieur. L'an dernier, les deux catégories étaient passées sous les 35%.