fotografie peter Hilz (C)

Déménager à la campagne ne vous garantit pas pour autant de respirer un air moins pollué

Les personnes qui envisagent de déménager à la campagne pour y bénéficier d’un air d’une meilleure qualité feraient mieux d’y réfléchir à deux fois. Celles et ceux qui devront continuer de se rendre en ville pour y travailler n’échapperont pas de façon conséquente à la pollution. C’est ce qui ressort de l’étude CurieuzeNeuzen, la plus grande recherche citoyenne et universitaire sur la qualité de l’air.

L’Université d’Anvers a organisé en mai dernier cette étude de grande échelle, en collaboration avec la société flamande de l’Environnement (VMM) et le quotidien De Standaard. Pas moins de 20.000 citoyens se sont transformés à l’occasion en chercheurs, et ont participé aux mesures de concentration de dioxyde d’azote (NO2) depuis la façade de leur habitation.

Les premiers résultats avaient démontré que les concentrations de NO2 variaient de rue en rue. La suite de l’enquête a révélé de nouvelles informations. Quelque 5.000 participants ont ainsi mesuré la qualité de l’air sur les routes qu’ils empruntent. D’après les conclusions, les personnes qui habitent en région rurale et qui se rendent à Anvers ou Bruxelles en voiture pour travailler ne sont pas vraiment plus épargnés par la pollution que les personnes qui vivent dans une rue animée de la ville et qui se rendent au travail à vélo dans un quartier à circulation restreinte.

"Nous avons constaté que le gain d’habiter à la campagne est moins important qu’escompté si on doit continuer de faire la navette vers une ville pour travailler", a commenté le chercheur de l’Université d’Anvers, Sam De Craemer.  

Il semble que l’impact de la voiture avait été sous-estimé. "C’est lié au fait que nous ne prenions pas en compte l’effet direct des embouteillages, dans lesquelles de fortes concentrations se forment entre les files de véhicules, et du fait que la pollution s’accumule dans la voiture", précise Evi Dons de l’Université de Hasselt.

Si vous pensez partir vivre au vert tout en continuant de travailler dans une ville, mieux vaut donc favoriser d’autres moyens de transport.

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