Trente mois de prison avec sursis pour l’entraineur qui filmait dans les vestiaires à Gand

Le tribunal correctionnel de Gand (Flandre orientale) a imposé ce lundi 30 mois de prison avec sursis à l'entraîneur de 41 ans arrêté en mars 2018 pour avoir filmé des femmes dans les vestiaires du complexe sportif de la haute école HoGent. L'homme a reconnu avoir pris les images et les avoir postées sur un forum voyeuriste. Deux mineures figurent parmi les victimes. L’homme se voit aussi interdire pendant 20 ans tout travail où il pourrait entrer en contact avec des mineurs d’âge.

Au début de l'an dernier, la police avait reçu plusieurs plaintes relatives à des images voyeuristes filmées dans les vestiaires du complexe sportif de la haute école gantoise. Mike D.B., 41 ans, avait été arrêté en mars 2018 avant d'avouer les faits. Il a reconnu avoir filmé les séquences et les avoir diffusées en ligne.

L'homme était entraîneur sportif pour des jeunes dans un club d'arts martiaux. Tant la haute école, qui mettait la salle à disposition, que l'association derrière le club sportif, s'étaient portées parties civiles, de même que 12 victimes filmées alors qu’elles étaient nues. Parmi ces dernières figurent deux jeunes femmes de 16 ans filmées dans les douches.

Le tribunal a prononcé une peine de 30 mois de prison avec sursis, excepté pour les cinq semaines de prison déjà purgées en détention préventive. Le quadragénaire doit notamment suivre un accompagnement psycho-sexuel. Il doit aussi indemniser les victimes, mais sans avoir de contact avec elles. Il lui est interdit d'entrer sur le site de la HoGent.

De plus, il n'a pas le droit de mener des activités en lien avec des mineurs pendant les 20 prochaines années. "Le prévenu a très profondément porté atteinte à l'intimité, la vie privée et au sentiment de sécurité des victimes. Certaines n'oseront plus se doucher de manière insouciante dans des complexes sportifs publics", a souligné le président du tribunal.

Le ministère public avait requis 30 mois de prison avec sursis sous conditions. La défense avait plaidé une suspension probatoire du prononcé et souligné la jeunesse malheureuse du prévenu. Ce dernier, qui a un casier judiciaire vierge, avait exprimé des regrets et entamé une médiation réparatrice avec les victimes.

Le voyeurisme n’était pas punissable par la loi jusqu’au début de l’année 2016 en Belgique. Pour autant que les victimes n’aient pas été forcées ou n’aient fait l’objet de violence. Les personnes qui avaient été filmées à leur insu dans des situations intimes ne pouvaient donc rien faire contre le coupable.