D' Hugo Claus à Wilfried Martens, ils ont choisi, comme Marieke Vervoort, l'euthanasie

L’athlète paralympique Marieke Vervoort n’est pas la seule personnalité publique flamande à avoir choisi l’euthanasie. Depuis la loi de 2002 dépénalisant l’euthanasie en Belgique dans certaines conditions, plus de 20.000 personnes ont déjà fait ce choix de fin de vie.

Mario Verstraeten

Le Gantois Mario Verstraeten est le premier Belge à avoir été euthanasié, c’était le 30 septembre 2002, soit une semaine après l'entrée en vigueur de la loi sur l'euthanasie. En 1993, Mario Verstraeten apprend qu’il est atteint de sclérose en plaques. Son système nerveux est touché et il sait qu'il est condamné. Il va alors entamer un combat pour le droit de mourir dans la dignité. Le film de Nic Balthazar "Tot Altijd" (A tout jamais) raconte son histoire et son combat.

Filmé alité et sous morphine peu avant sa mort, il déclare : "je pourrais peut-être continuer à vivre des années comme ça. Mais quelle vie ? Ce n’est pas ma vie. Je préfère que quelqu’un de compétent m’aide à m’en aller". Il se battra pour obtenir la dépénalisation de l'euthanasie. Affaibli sur ses béquilles, il ira même témoigner devant le Sénat le 5 avril 2000.

BELGA/WAEM

L' écrivain Hugo Claus

L'un des plus grands écrivains flamands l’auteur notamment du roman "Le chagrin des Belges" a également choisi l'euthanasie. Hugo Claus est décédé dignement le 19 mars 2008. Il avait 78 ans. L'écrivain souffrait de la maladie d'Alzheimer et avait donc décidé lui-même quand sa vie se terminerait.

La décision d' Hugo Claus a provoqué un débat sur ce sujet difficile. A cette occasion, le cardinal Godfried Danneels a pris position contre l'euthanasie : "En quittant la vie, on ne répond pas au problème de la souffrance et de la mort" avait déclaré celui qui était alors Primat de Belgique.

Au Sénat, un débat a été lancé au sujet d'une extension de la loi, afin que les mineurs en phase terminale et les personnes âgées atteintes de démence puissent également être euthanasiés.

La loi actuelle sur l'euthanasie ne permet toujours pas cette dernière solution. L'euthanasie des mineurs est autorisée depuis 2014.
 

BELGA/MAETERLINCK

L’ancien Premier ministre Wilfried Martens

Wilfried Martens, était la figure de proue du parti démocrate-chrétien flamand (CD&V) et du parti populaire européen. Il est décédé le 9 octobre 2013. "Il avait 77 ans et il est mort chez lui à Lokeren", l'annonce était très brève et ce n'est que 5 ans plus tard que l'on a appris qu’il avait choisi l’euthanasie.

Dans l’émission de la VRT "De Afspraak" du 2 octobre 2018, sa veuve, la ministre d’Etat Miet Smet a confié pour la première fois que son mari s'était fait euthanasier, après avoir été diagnostiqué d'un cancer du pancréas : "Il avait été opéré en janvier, mais on pouvait voir qu'il avait beaucoup maigri et cette opération n’avait pas donné de résultats .Il souffrait. En fin de compte, il a décidé de se faire euthanasier."

Miet Smet a également annoncé, l'an dernier, vouloir elle aussi mourir dans la dignité. "Si je décline, je souhaite l'euthanasie. Mes papiers sont prêts, ils sont signés" a-t-elle déclaré.
 

Le philosophe Etienne Vermeersch

© Reporters / Michel Gouverneur

Le philosophe flamand Etienne Vermeersch est décédé à Gand le 18 janvier 2019 à l’âge de 84 ans. Lui aussi a opté pour l’euthanasie. Il était d’ailleurs l’un des premiers à plaider en faveur d’une fin de vie dans la dignité dès 1971. A partir des années ‘80, il est devenu un important leader d'opinion en Belgique sur des questions éthiques telles que l'avortement et l'euthanasie. Avec Mario Verstraete, Etienne Vermeersch aura été à l’origine de la première loi sur l'euthanasie en 2002 et il en était fier.

Etienne Vermeersch a multiplié les combats engagés dans sa vie. Son livre le plus connu, "De ogen van de panda" (les yeux du panda), a été publié en 1988. La défense de l’environnement y occupait une place centrale et il a voulu agir pour les futures générations.

"Si une personne n'est plus capable d'assumer des responsabilités, elle a le droit de dire : j'arrête. La vie n'a plus rien de positif à m'offrir", avait déclaré Etienne Vermeersch en 2017 au journal "De Morgen". "Dès qu'on est allongé dans un lit dans une maison de retraite, immobile, incontinent et peut-être même aveugle, et une fois par mois, un ami ou un enfant arrive. Qu'est-ce que vous pouvez faire encore ? Alors la mort est une chose positive."

L’actrice Nora Tilley

L’actrice flamande Nora Tilley est décédée le 20 juin dernier. En août 2018, elle avait annoncé qu'elle était atteinte de la maladie de Charcot, la sclérose latérale amyotrophique (SLA). Elle était surtout connue pour son rôle dans la série humoristique de la VRT "De Colleaga’s". Elle avait aussi joué dans le film tiré de cette série. "Le dernier jour qu'elle a passé sur le tournage, tout le monde a versé une larme ", a déclaré Jan Verheyen, le réalisateur.

Nora Tilley a pris sa décision dès qu’elle a appris le diagnostic. Elle est décédé chez elle. "J'ai choisi de profiter au maximum du peu de temps qui me reste", a-t-elle déclaré. "Je suis resté moi-même. La maladie n'a pas gagné. C’est moi qui ait gagné".
 

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