Nicolas Lambert

Les égouts bruxellois rentables? "Jusqu’à 5kg d’or et 70kg d’argent annuellement"

Des chercheurs de la VUB et de l’ULB travaillent actuellement sur un projet pour le moins remarquable. Ils analysent en effet la possibilité de récolter des métaux nobles, tels que l’or et l’argent, depuis les dépôts se trouvant dans les réseaux d’égouts bruxellois.

Des chercheurs de la VUB et de l’ULB travaillent actuellement sur un projet pour le moins remarquable. Ils analysent en effet la possibilité de récolter des métaux nobles, tels que l’or et l’argent, depuis les dépôts se trouvant dans les réseaux d’égouts bruxellois.

Le groupe de chercheurs universitaires tente ainsi de savoir à quel point il serait rentable d’extraire de l’or et de l’argent des égouts de la capitale. La population n’en a sans doute pas conscience, mais ces métaux nobles atterrissent via différents canaux dans les eaux usées.

Amoncellement de particules

En se lavant les mains sans ôter nos bijoux, un effet d’érosion emporte en réalité de petites particules d’or et d’argent dans l’évier. "Mais de l’or se trouve également dans certains médicaments contre le rhumatisme", explique la chercheuse de la VUB, Natacha Brion.

"L’argent est pour sa part régulièrement utilisé comme moyen de tuer des bactéries. Des nanoparticules d’argent se retrouvent souvent aussi dans les vêtements de sport, car elles permettent de lutter contre les odeurs de sueur. En lavant ces habits, l’argent débouche dans les égouts", précise-t-elle.

Un joli butin

Actuellement, les chercheurs tentent de déterminer le potentiel dont pourraient regorger les réseaux d’égouts de la capitale. Plusieurs zones de dépôt ont déjà été analysées. "Jusqu’ici nous avons trouvé dans les échantillons prélevés entre 0,5 et 1 gramme d’or par tonne de boue. La concentration d’argent est quant à elle jusqu’à dix fois plus forte et s’élève à 5 à 10 grammes", ajoute Natacha Brion.

En se basant sur ces premiers résultats, et face à l’importante quantité de boue dans toute la région, les chercheurs estiment que l’on pourrait y tirer un joli butin. "Nous nous attendons à ce que 5 kg d’or et 70 kg d’argent pourraient être extraits annuellement. Ce sont tout de même des quantités non négligeables".

La recherche des universités libres francophone et flamande de Bruxelles se poursuit jusque fin février 2022. Ces prochains mois, l’équipe étudiera la possibilité de filtrer et recycler les métaux noble de manière écologique et respectueuse de l’environnement.

BELGA/AQUIRIS/HILL AND KNOWLTON INTERNATIONAL