La procédure de demande d’asile se prolonge, les centres d’accueil manquent de place

Ces derniers mois, le nombre de demandes d'asile a fortement augmenté. La situation n’atteint pas l’affluence des années 2015-2016, mais crée néanmoins des problèmes de places importants. Le manque de personnel pour traiter les dossiers entraine un temps d’attente plus long, à tel point que les demandeurs d'asiles doivent désormais attendre en moyenne 15 mois pour être fixés sur leur sort, au lieu de 10 à 11 mois précédemment. Le besoin en places d’accueil augmente ainsi. Au cours de l’année écoulée, l’Agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile a ainsi dû chercher ou créer jusqu’à 750 places supplémentaires par mois.

"L'objectif est de prendre une décision à propos d’un dossier de demande d’asile endéans les six à neuf mois. Mais actuellement, la procédure dure en moyenne 15 mois", confirme Fanny François chez Fedasil, l'agence fédérale pour l'accueil des demandeurs d'asile. La raison de cette durée plus longue réside dans un manque de personnel. Les collaborateurs qui quittent le service ne seraient plus remplacés.

La ministre en charge de l'Asile et de la Migration, Maggie De Block (Open VLD), a veillé lors de son entrée en fonction à ce qu'il puisse y avoir du personnel supplémentaire, mais ces renforts arrivent trop tard. Le nombre de dossiers pour lesquels aucune décision n'a encore été prise est passé de 4.612 au milieu de l’année 2018 à 9.172 en septembre dernier, selon des chiffres du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides.

Le manque de personnel combiné à une hausse des demandes d'asile à traiter oblige l’Agence fédérale à trouver, chaque mois, jusqu'à 750 places d'accueil supplémentaires. Fedasil plaide à cet égard pour que puisse être constituée une réserve de places d'accueil et de personnel.

"Si nous avions eu assez de marge, nous n’aurions jamais atteint le niveau actuel d’occupation dans les centres d’accueil, qui est de 97%. C’est le plus haut pourcentage jamais atteint. Le problème ne serait alors pas devenu aussi flagrant", estime Fanny François.