Sophie Wilmès succède à Charles Michel comme Premier ministre en affaires courantes

L'actuelle ministre du Budget et de la Fonction publique, Sophie Wilmès (MR), sera proposée au Roi comme Première ministre en affaires courantes en remplacement de l'actuel chef de gouvernement fédéral, Charles Michel (photo), qui deviendra en décembre président du Conseil européen. C’est ce qu’a annoncé samedi soir le cabinet de Charles Michel. A 44 ans, Wilmès (photo) devient la première femme en Belgique à endosser la responsabilité de Premier ministre. Elle sera remplacée au Budget, à la Fonction publique et la Politique scientifique par le chef de fraction MR à la Chambre, David Clarinval.

Charles Michel avait annoncé vendredi au Conseil des ministres qu’il souhaitait être déchargé de sa responsabilité de Premier ministre au plus tard début novembre, pour pouvoir se préparer à la présidence du Conseil européen qu’il prendra le 1er décembre. Il était lui-même à la recherche d’un successeur à la tête du gouvernement en affaires courantes, et le nom de la ministre Sophie Wilmès circulait déjà.

L'une des décisions prises samedi par un comité ministériel restreint ("kern") rassemblant les principaux ministres du gouvernement fédéral a donc été de proposer Sophie Wilmès comme nouvelle Première ministre en affaires courantes. La ministre du Budget, qui dans une déclaration à l'agence Belga a "remercié ses collègues (du gouvernement) pour leur confiance", devrait devenir ainsi la première femme à accéder au 16 rue de la Loi.

Le kern a aussi décidé samedi de proposer au Roi le nom d'un nouveau ministre du Budget, de la Fonction publique et de la Politique scientifique en affaires courantes issu des rangs du MR, en la personne de David Clarinval. Et "si un nouveau gouvernement n'est pas formé au moment du départ du ministre des Affaires étrangères et de la Défense, Didier Reynders, pour la Commission européenne, il sera proposé au Roi un remplaçant issu du MR pour assumer ces responsabilités", a indiqué le cabinet de Charles Michel.

Dans ce cas de figure, les Affaires européennes iraient à Koen Geens (CD&V) dans l'attente de la formation d'un nouveau gouvernement fédéral, toujours selon le cabinet Michel.

Nicolas Maeterlinck

Assurer les affaires courantes "dans la stabilité et la continuité"

Sophie Wilmès (MR) a déclaré samedi soir "mesurer la responsabilité qu'implique" le fait que son nom soit proposé au Roi pour devenir cheffe du gouvernement fédéral. "Je mettrai tout en œuvre pour assurer dans la stabilité et la continuité la gestion des affaires courantes", a ajouté la ministre libérale bilingue.

A 44 ans, Sophie Wilmès - qui réside à Rhode-Saint-Genèse, commune à facilités de la périphérie bruxelloise - devient la première femme à la tête du gouvernement fédéral même si ce n'est sans doute que pour quelques semaines ou mois.

Entrée au gouvernement fédéral en septembre 2015, elle avait été soudain projetée sur la scène nationale, où elle était peu connue. Née dans la capitale mais ayant passé son enfance à Grez-Doiceau, Sophie Wilmès est la fille de Philippe Wilmès, qui a été chef de cabinet de Jean Gol, qui voulait un économiste dans son équipe quand il était secrétaire d'État adjoint en charge de l'Économie wallonne, puis président de la Société nationale d'investissement (SNI) avant de devenir régent de la Banque nationale de Belgique. La mère de la future ministre est elle aussi passionnée de politique, et a travaillé dans différents cabinets.

Comme Sophie Wilmès l’expliquait dans une interview accordée à la Libre Belgique, ses parents "parlaient tout le temps de politique" à la maison, mais ce n'est pourtant pas dans cette voie qu'elle-même voulait s'engager initialement.
Née en janvier 1975, elle a suivi des études en communication appliquée (section publicité) à l'IHECS avant d'effectuer un stage dans une unité de gestion financière de la Commission européenne. Elle prit goût à cette matière et décida de reprendre des études en cours du soir à l'Institut supérieur Saint-Louis, en gestion financière. Elle entra en politique sur une liste PRL aux communales de 2000, à Uccle, alors qu'elle travaillait toujours pour la Commission, dans la gestion financière de programmes de coopération avec l'Asie.

A 25 ans elle devenait conseillère communale à Uccle. Elle fut ensuite conseillère économique et financière dans un cabinet d'avocats d'affaires, avant de devenir première échevine de Rhode-Saint-Genèse en 2007, où elle s'était installée avec son mari australien. Elle siégera aussi au conseil provincial du Brabant flamand, et est depuis 2013 présidente de la section MR de la périphérie bruxelloise. Pour les élections de mai 2014, elle fut placée première suppléante sur la liste MR à la Chambre. Didier Reynders, élu sur cette liste, devenant ministre quelques mois plus tard (en octobre 2014), Wilmès faisait son entrée comme députée, et intégrait la Commission Finances et Budget. Elle y est co-signataire d'une proposition de loi visant à mieux lutter contre les "fonds vautours".

Elle n'était à la Chambre que depuis moins d'un an quand elle fut appelée par Charles Michel à remplacer le ministre du Budget Hervé Jamar au sein de son exécutif. Ce dernier devenait gouverneur de la province de Liège. Le choix de Sophie Wilmès, considérée comme proche de Charles Michel, était plutôt une surprise. Le Premier ministre soulignait d'emblée son "investissement et sa rigueur en commission des Finances et du Budget". Elle était donc bombardée, à 40 ans et avec très peu d'expérience fédérale, nouvelle ministre fédérale du Budget chargée de la Loterie Nationale en septembre 2015.

En décembre 2018, à la suite du départ de la N-VA de la coalition fédérale, elle héritait en plus de la Politique scientifique et de la Fonction publique. Au Budget, elle devait veiller notamment au respect du Pacte de stabilité européen. Sophie Wilmès siège toujours au conseil communal de Rhode-Saint-Genèse.

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