"Meurtre Pokémon" : l’assassin de Shasia Moreau condamné à perpétuité

La cour d'assises d'Anvers a condamné lundi Jonny Van den Broeck (28 ans) à la réclusion à perpétuité pour l'assassinat de la jeune Shashia Moreau (20 ans). Elle a également ordonné sa mise à disposition du tribunal de l'application des peines (TAP) pour 15 ans. Le jeune homme et sa victime s’étaient rencontrés sur internet et avait fixé un rendez-vous pour échanger des figurines du jeu japonais Pokémon. La jeune fille a été retrouvée morte dans le jardin de son agresseur. Dans les médias flamands, l’affaire a reçu le surnom de "meurtre Pokémon".

Le ministère public avait requis l'emprisonnement à vie ainsi qu'une mise à disposition du TAP pour 10 ans. La défense avait, elle, plaidé une peine un peu plus légère, 30 ans de prison.

Shashia Moreau a été tuée en février 2017, à la suite d'un épisode d'asphyxie érotique qui a mal tourné, selon les aveux de l'accusé - une version que le jury n'a pas crue. Elle avait été retrouvée dans la cour de Jonny Van den Broeck le 9 février 2017, nue avec les bras et les jambes attachés. Elle était décédée par strangulation.

Jonny Van den Broeck est resté, en apparence, impassible à l'écoute du verdict. Les proches de la victime sont eux tombés dans les bras les uns des autres. "Je pense qu'il est important qu'il soit clairement établi que Shashia n'est pas à blâmer", a déclaré la mère de la victime. "Si ça n'avait pas été elle, ce serait arrivé à une autre fille."

L'arrêt de la cour d'assises suit presque entièrement l'argumentation du ministère public, n'accordant aucune circonstance atténuante à Van den Broeck. "Il a brutalement ôté la vie de Shashia et son attitude depuis les faits témoigne d'un manque de respect flagrant pour les valeurs fondamentales de notre société", a estimé le jury. "L'étranglement lui a procuré un plaisir sexuel sans aucune considération pour la victime, qui n'était qu'un objet pour atteindre son but."

Le casier judiciaire vierge et la situation familiale difficile de l'accusé n'ont pas pesé dans la balance pour le jury, qui l'a condamné à la peine maximale. Bien qu'il n'ait jamais été condamné auparavant, l'enquête a mis en lumière qu'il parlait ouvertement en ligne de ses fantasmes sexuels sadiques. Son ancienne petite amie a témoigné au procès que Jonny Van den Broeck pratiquait l'asphyxie sexuelle sur elle et qu'il n'avait pas respecté les limites qu'ils avaient fixées.