Open VLD veut ouvrir le débat sur l'euthanasie pour une "vie accomplie"

La présidente des libéraux flamands, Gwendolyn Rutten (photo archives), estime que les temps sont mûrs pour ouvrir un débat sur le droit à l'euthanasie des personnes qui jugent que leur vie est accomplie. Non dans la précipitation mais dans le calme et la sérénité, plaide Rutten dans un billet d’opinion dans le quotidien "De Morgen". Sa proposition ne remporte actuellement pas beaucoup d’adhésion.

Ce week-end, le quotidien "Het Laatste Nieuws" publiait le témoignage de l'une des présentatrices qui a marqué l'histoire de la radio en Flandre, Lutgart Simoens. Agée de 91 ans, elle ne souffre pas d'une maladie et a pu conserver une relative qualité de vie. Mais elle estime qu'elle a suffisamment vécu et préférerait s'en aller paisiblement quand elle l'aura décidé.

Les conditions inscrites dans la loi sur l'euthanasie ne le lui permettent pas. "Je devrais d'abord souffrir de manière insupportable et irréversible. Donnez-moi une raison pour laquelle la souffrance devrait être insupportable? Il n'y en a pas. Ce que je veux, c'est pouvoir m'endormir paisiblement, en pleine possession de mes moyens, sans douleur, et avant que je ne décline physiquement et mentalement. Cela devrait être le droit de chacun", explique Simoens dans le quotidien.

La présidente des libéraux flamands, Gwendolyn Rutten, déclare partager cette opinion, dans les pages du quotidien "De Morgen". "On doit pouvoir mettre un point final pas seulement lorsque l'on souffre de manière insupportable mais aussi lorsque notre vie est accomplie et qu'on le réclame de manière explicite, librement, indépendamment et durablement", souligne-t-elle.

"Bien sûr, nous devons aussi prendre des initiatives face à la solitude, et veiller à ce que la vie des gens soit aussi longtemps que possible de qualité. L’un n’exclut pas l’autre. Mais même dans une situation idéale, où l’on est entouré d’amour et de soins, on peut vouloir mettre un terme à sa vie. Je trouve que c’est une demande légitime", indique encore Rutten.

Appel isolé ?

Open VLD n’a pas encore préparé de texte concret pour un assouplissement de la loi sur l’euthanasie. Le parti libéral n’a ainsi pas encore décidé si une certaine limite d’âge devrait être associée au recours à l’euthanasie. Aux Pays-Bas, le parti socio-libéral D66 avait proposé une limite d’âge à 75 ans minimum pour pouvoir demander l’euthanasie à la suite d’une "vie accomplie".

Gwendolyn Rutten affirme vouloir d’abord un débat de fond sur le sujet, au parlement fédéral ou au Sénat, éventuellement avec une nouvelle commission consultative. Le point de vue des libéraux flamands n’est pas nouveau. Lors de son Congrès de 2017, le parti avait déjà stipulé qu’un "cadre légal" devait être créé pour rendre possible l’euthanasie après une" vie accomplie".

L'appel demeure jusqu'à présent isolé dans le monde politique. Le SP.A se dit étonné: il essaie depuis un certain temps d'ouvrir le débat sur l'extension de l'euthanasie aux cas de démence, mais son initiative n'a pas été suivie jusqu'à présent, y compris par les libéraux.

La N-VA et le CD&V ne veulent pas, de leur côté, entendre parler d'une extension de la loi sur l'euthanasie tant que celle-ci n'a pas fait l'objet d'une évaluation approfondie.

Quant au PS et au MR, ils estiment qu'un tel débat n'est pas à l'ordre du jour, selon "De Morgen". Le co-président de la Commission fédérale de l'euthanasie, Wim Distelmans, se montre également très réservé. "S'il n'y a pas de cause médicale, personnellement, j'éprouve des difficultés", déclarait l'an passé à "Bruzz" ce professeur de la VUB, pionnier en Belgique des soins apportés aux mourants.