Pour que leur corps soit encore utile après leur mort, ils en font don à la science

L’an dernier, en Flandre, 410 personnes ont fait don de leur corps à la science. En réalité, ce don a été fait aux différentes universités flamandes. C'est environ deux fois plus qu'il y a dix ans. Ces corps serviront de matériel d'étude dans les facultés de médecine des universités. Après quelques semaines, mais parfois plus longtemps, les corps seront rendus aux proches pour être enterrés ou incinérés.

Aussi bien à l’université de Louvain, d’Anvers ou de Gand, on déclare que les dons de corps ont augmenté, voire doublé, ces dernières années.

Ainsi en 2018, 130 corps ont été offerts à la KU Leuven, 100 à l’UGent, 80 à l’UAntwerpen, 50 à la VUBrussel, 25 à l’UHasselt et 25 à la Kulak (Kortrijk).

C’est en quelque sorte la taille des facultés de médecine qui est liée au nombre de dons. Il faut bien sûr aussi que les hôpitaux universitaires disposent d’une capacité de stockage suffisante.

Le professeur Paul Herijgers, Doyen de la faculté de médecine de la KU Leuven, est clair : "Les étudiants en médecine, en dentisterie ou en kinésithérapie doivent très bien connaître l'anatomie afin de pouvoir reconnaître et traiter les pathologies dans leur future profession. Ils doivent donc travailler sur des corps ", ajoute-t-il. "Un autre groupe concerné sont des médecins ou des chirurgiens déjà expérimentés mais qui doivent apprendre certaines nouvelles techniques. Pensez aux implants ou aux prothèses. Enfin un troisième objectif est la recherche pure, dans laquelle, par exemple, nous cherchons la meilleure façon d'implanter un nouveau cœur artificiel."

Le don de son corps est un acte très généreux, même après sa mort on reste encore utile
Paul Herijgers, Doyen de la Faculté de Médecine de la KU Leuven

C'est un acte très généreux que de faire don de son corps ", souligne-t-il. "Même après sa mort, on reste très utile. Nous en sommes très reconnaissants, ces personnes contribuent à la formation de nos futurs médecins, dentistes et kinésithérapeutes. Et cela nous permet de poursuivre nos recherches ", poursuit Paul Herijgers.

Une personne qui décide de faire don de son corps à la science doit faire les démarches de son vivant et prendre contact avec l’université de son choix. Un accord est alors conclu, "cela peut se faire via le site internet des universités" explique Luc Van Nassauw, anatomiste à l'Université d'Anvers. "La première chose à faire est de rédiger une sorte de testament. Chaque université a des exemples de formulaires en ligne."

Après la mort, l'objectif est de transférer le corps le plus rapidement possible. La règle est qu'il y a un maximum de 72 heures après la mort, mais dans la plupart des cas cela va beaucoup plus vite.

Combien de temps les universités gardent-elles les corps ? Cela dépend. "A l’université d’Anvers, c'est un maximum d'un an, c’est lié à notre capacité de stockage. A la KU Leuven et à la KULAK, c’est un peu différent : "Nous visons un maximum de deux ans, mais c'est vraiment un maximum. Ensuite, nous libérons les corps et les rendons aux proches", explique Paul Herijgers, le doyen de la Faculté de Médecine de la KU Leuven.

Ensuite, c’est à la famille de décider ce qui arrivera au corps. L'inhumation ou l'incinération, c'est une décision privée, en général dans la commune de résidence de la personne décédée. A la KULAK, il y a une autre façon de procéder : ceux qui le désirent peuvent être enterrés dans une grande tombe de l'université. Ceci est possible parce que le règlement de police de la ville de Courtrai l'autorise.