Ils sont des dizaines à passer d’un cabinet ministériel au secteur privé.    Y a-t-il un risque de conflit d’intérêt ?

Des dizaines de collaborateurs des cabinets ministériels flamands ou fédéraux sont partis vers le secteur privé. De plus, ils sont parfois engagés dans des secteurs qu'ils ont eux-mêmes réglementés lorsqu’ils travaillaient dans leur cabinet. C'est ce que montre une enquête de la VRT. Est-ce illégal ? En principe non parce qu'il n'y a pas de règles en la matière. Est-ce contraire à l'éthique ? Certaines personnes le pensent et estiment que cela ouvre la porte à un conflit d'intérêts.

Des journalistes de la VRT ont examiné toutes les listes de collaborateurs des cabinets fédéraux et flamands de ces dernières années. Et effectivement on note que des dizaines de ces collaborateurs sont passés dans le secteur privé.

Mais ce n'est pas nouveau en soi : il y a déjà eu quelques cas plus médiatisés, mais ce qui est remarquable, c'est qu'il y a tant d'autres exemples.

"Il peut s'agir d'un collaborateur du ministère de la santé publique qui passe à l'industrie pharmaceutique, ou d'un administrateur général des finances qui passe chez un gestionnaire d'actifs. Et ainsi de suite. Nous avons trouvé plus de quarante exemples", a expliqué le journaliste Fabian Lefevere sur Radio Eén (VRT). "Il y a aussi un mouvement inverse : un employé d'Electrabel qui s'occupe soudainement des dossiers énergétiques dans le cabinet".

Existe-t-il des règles en la matière ?

"Très peu , la Belgique est un peu le Far West en la matière. Tout est possible. Quoi qu'il en soit, les experts que nous avons entendus ont plaidé pour plus de transparence : que nous sachions au moins qui vient d'où et où il ou elle vont finalement partir".