Journée de l’inégalité salariale: pourquoi les femmes ne gagnent toujours pas autant que les hommes

C’est aujourd’hui la "Unequal Pay Day", une journée symbolique qui a pour but de pointer les inégalités salariales entre femmes et hommes. En Europe, les salariées gagnent environ 16% de moins que leurs collègues masculins. Un fossé qui s’élève à 20% en Belgique.

Depuis ce 4 novembre, les femmes européennes travaillent "gratuitement" jusqu’à la fin de l’année, si l’on prend en compte l’écart salarial de 16%. Mais pourquoi les femmes ne gagnent-elles toujours pas autant que les hommes ? Selon le mouvement féminin progressiste ‘zij-kant’, les raisons de cette situation sont multiples.

"La plus grande raison est liée au travail à temps partiel", explique la porte-parole de ‘zij-kant’, Vera Claes. "En Belgique, il concerne 44% de femmes, contre seulement 11% d’hommes. La différence est donc énorme".

"Nous constatons par ailleurs que les femmes prennent beaucoup plus de congés de soutien. Un nombre important d’entre elles reste ainsi pour une plus longue période à la maison afin de prendre soin d’un membre de la famille. Par ailleurs, les femmes prennent plus souvent un congé parental que les hommes", souligne Vera Claes.

La Belgique mauvaise élève

Alors que l’écart salarial est de 16% au sein de l’Union européenne, il atteint les 20% dans notre pays. Ce résultat doit toutefois être expliqué avec nuance. "La Belgique est en fait bonne élève en ce qui concerne l’égalité au niveau des heures payées. Les salaires mensuels ou annuels montrent toutefois une importante différence. C’est principalement lié au fait que les femmes travaillent davantage à des postes moins bien payés, comme par exemple dans les soins de santé", indique la porte-parole de ‘zij-kant’. "Le plafond de verre joue également un rôle. Les femmes sont encore toujours moins nombreuses à accéder à des postes d’exécutif ou de dirigeant", précise-t-elle.

Pour dénoncer l’écart salarial entre hommes et femmes, le mouvement ‘zij-kant’ a lancé une campagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux. "Chaque travailleuse est appelée à intégrer une réponse automatique à sa boîte mail afin d’indiquer qu’elle n’est plus disponible jusqu’à la fin de l’année", explique Vera Claes. En cas d’urgence, les expéditeurs sont invités à s’adresser à un collègue masculin "qui, lui, continue à être payé pour son travail".