Formation fédérale : "Retour à la case départ, voire pire..."

Tout le monde s’accorde à dire que les négociations en vue de la formation fédérale sont dans une impasse totale. "Nous sommes de retour à la case départ, voire pire", estime le journaliste politique de la VRT, Ivan De Vadder.

Hier, les préformeurs Geert Bourgeois (N-VA) et Rudy Demotte (PS) ont rendu leur rapport au Roi et ont demandé à être déchargés de leur mission. Le Roi tient toujours sa décision en délibéré en train d'examiner sa décision et a entamé de nouvelles consultation avec les différents présidents de partis. "Aujourd'hui, il faut encore gagner du temps", pense Ivan De Vadder. "Non seulement pour permettre au Roi de parler aux différents présidents de partis. Mais aussi pour donner aux dirigeants le temps de se parler entre eux. Et même s’il n’y a pas de résultats au moins on en saura un peu plus sur la méthode qui doit être appliquée dans les prochains jours.

Quelles sont les différentes options possibles dans les semaines à venir ?

  • Soit le Roi demande à Rudy Demotte et à Geert Bourgeois de faire une nouvelle tentative. "Mais je ne pense pas que ce soit probable ", ajoute Ivan De Vadder.
  •  Le Roi pourrait aussi laisser la N-VA tenter de trouver une majorité autour de ses propres revendications communautaires, comme l'a suggéré hier soir le président du PS Paul Magnette. "Mais le MR n’en veut pas, Ecolo non plus, et pas plus Groen. C'est donc une impasse."
  • Ce pourrait être alors au PS d'essayer de former une coalition violette et verte. "Il y a là aussi des obstacles, car le CD&V et l’Open VLD réaffirment que ce sont les deux plus grands partis, le PS et la N-VA, qui doivent assumer leurs responsabilités. A savoir former une coalition : violette et jaune."
  • On pourrait aussi gagner du temps en mettant en selle d'autres partis telles que l’Open VLD ou le CD&V. "Mais on sent bien que ces partis continuent de dire que la responsabilité incombe aux deux plus grands partis».
  • Enfin, il y a aussi le scénario d'un gouvernement d'urgence. "Dès le début, cette idée a émergé. Mais c'est sur la base d'une majorité au Parlement fédéral que Patrick Dewael (Open VLD) a été nommé Président de la Chambre, une majorité qui conduirait automatiquement à une coalition violette et verte. Ce scénario-là n'est donc pas encore mûr", ajoute Ivan De Vadder.

Retour à la case départ ? "C’est encore pire", estime De Vadder. "J'avais l'impression que les deux informateurs (Johan Vande Lanotte (SP.A) et Didier Reynders (MR)) étaient plus favorables à une coalition violette et jaune que les deux préformateurs qui leur ont succédé, et ce depuis le début. En ce sens, nous avons même fait un pas en arrière. En Belgique francophone, des voix s’élèvent à nouveau pour réclamer de nouvelles élections. Je ne pense pas que ce soit une solution. Les citoyens ont fait leur choix et c'est à présent aux politiciens de prendre leurs responsabilités."

Résignation

Notre pays a connu des crises politiques majeures dans le passé. Pensez à la formation du gouvernement en 2010-2011, qui aura duré plus de 540 jours. "Mais la grande différence, aujourd’hui c'est la résignation ", estime encore Ivan De Vadder. "La résignation chez nous les journalistes et aussi chez le public. C'est comme si on s'y était habitués. Nous savons à présent que ce n'est pas facile au niveau fédéral et que nous nous heurtons à un mur."

"C’est au moins une bonne chose pour un parti. La N-VA veut prouver que le niveau fédéral ne peut plus fonctionner. En ce sens chaque minute qui s’écoule est à l’avantage de ce parti. Car à un moment donné tout le monde arrivera à la conclusion que l’on ne peut plus continuer comme ça. Mais ce qui adviendra ensuite, je l’ignore", conclut Ivan De Vadder.
 

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