Lorin Parijs : "Vous ne pouvez pas nous demander de faire table rase de 100% de notre programme"

Les négociations en vue de la formation d’un gouvernement fédéral sont complètement bloquées. Les divergences entre PS et N-VA semblent plus importantes que jamais. Interviewé lundi soir lors de l’émission Terzake, le président du PS Paul Magnette a déclaré que les deux partis avaient des priorités différentes. Du côté de la N-VA, c'est le vice-président Lorin Parys qui souligne ce matin dans  "De ochtend" les difficultés de trouver un compromis, mais il se dit toujours disposé à discuter.

"Un compromis entre le PS et la N-VA est possible si le parti socialiste accepte de modifier sa politique socio-économique ou de rencontrer les exigences institutionnelles de la N-VA", a-t-il notamment expliqué sur les ondes de Radio 1.  Autrement dit, soit le PS accepte de mettre de côté ses revendications socio-économiques, soit il accepte de discuter confédéralisme avec la N-VA. "Mais vous ne pouvez pas nous demander de faire table rase de 100% de notre programme". "Nous sommes toujours prêts à discuter et à écouter", a néanmoins ajouté Lorin Parys selon qui la N-VA est prête à aller au pouvoir "mais pas à n'importe quel prix". 

"Nous restons ouverts au dialogue mais concrètement, ce qu'on a entendu hier/lundi de Paul Magnette, c'est que la N-VA doit jeter son programme à la poubelle et exécuter le programme du PS en envoyant la facture en Flandre", a renchéri Cieltje Van Achter, la vice-présidente du parti nationaliste flamand, dans les émissions radios matinales.

"C'est ce que nous ne voulons pas. Si le PS veut un gouvernement arc-en-ciel, qu'il prenne ses responsabilités", a-t-elle ajouté.

Tous les regards tournés vers le Palais

Après ces joutes verbales, c'est vers le Palais que les regards devraient de nouveau se tourner ce mardi. Le Roi doit en effet y reprendre ses consultations après avoir mis en délibéré sa décision relative à la mission des préformateurs Rudy Demotte (PS) et Geert Bourgeois (N-VA). Lundi, ces derniers ont demandé à en être déchargés.
Sont attendus au Palais royal, ce mardi, la Première ministre Sophie Wilmès (MR), suivie des présidents de parti Gwendolyn Rutten (Open VLD) et John Crombez (SP.A). Koen Geens, pour le CD&V, sera également reçu.
 

John Crombez : "Le temps est écoulé"

John Crombez, président du SP.A, se demande si la N-VA veut vraiment rejoindre le gouvernement fédéral. "Si ce n'est pas le cas, ils devraient le dire et d'autres options pourraient être examinées", a estimé John Crombez dans "De ochtend".

Le président du SP.A suggère la formation d'un gouvernement intérimaire calqué  sur les coalitions régionales, comme l'une des options.
"Le temps est écoulé", soupire John Crombez. Le président des socialistes flamands est quelque peu troublé par la perception différente qu’ont le PS et la N-VA. Il voudrait que les deux partis fassent une déclaration claire.

"Je commence à me demander si les nationalistes flamands n'ont pas simplement décidé de ne pas rejoindre le gouvernement ? Leur but est de bloquer le gouvernement fédéral et de diviser le pays", estime John Crombez,

"La N-VA dit que le confédéralisme doit se réaliser. Ce n'est pas l'attitude d'un parti qui cherche une solution pour gouverner. Mais si la N-VA avait pris cette décision en interne, elle aurait dû l’annoncer. Alors d'autres formules pourraient être envisagées. Un gouvernement violet-vert serait alors une alternative possible. Mais un gouvernement intérimaire, reflétant les gouvernements régionaux (PS-MR-Ecolo du côté wallon et N-VA, CD&V et Open VLD du côté flamand), est également une possibilité.

John Crombez estime même que ce serait "la voie la plus raisonnable". "C'est comme ça qu'on donne plus de poids aux régions". Mais la principale difficulté réside dans le fait qu’Ecolo ne veut pas négocier avec la N-VA. Il semble donc y avoir un problème avec chaque scénario.