Jumbo ouvre un premier supermarché en Belgique : Albert Heijn et les agriculteurs sont inquiets

La chaîne de grande distribution néerlandaise Jumbo inaugurait ce mercredi son premier supermarché en Belgique, plus précisément à Pelt dans le Limbourg. Deux magasins devraient encore ouvrir leurs portes à Lanaken (Limbourg) et Rijkevorsel (Anvers) cette année. Ces projets ambitieux inquiètent les agriculteurs belges, qui disent craindre une guerre des prix à leurs dépens. Mais l’enseigne Albert Heijn, leader du marché, s’inquiète également.

Jumbo ambitionne d'ouvrir une centaine de magasins en Flandre d'ici cinq ans. L’an prochain, la grande chaîne de distribution néerlandaise veut ouvrir entre 12 et 15 supermarchés dans le nord de la Belgique. S'il n'a pas encore de projets concrets en Wallonie et à Bruxelles, le groupe dit s'intéresser au marché francophone, dans une démarche logique de prospection.

Les supermarchés - qui se vantent d’être les moins chers sur tous les produits - proposeront, dans leurs rayons, 15% de produits belges (la viande, les produits frais et le pain). La chaîne a assuré mardi, lors d'une conférence de presse pour l'ouverture du Jumbo à Pelt, qu'elle n'entamerait pas une guerre des prix dans notre pays.

Le directeur financier Ton Van Veen a ainsi indiqué que l'enseigne n'avait pas l'intention d'appliquer la garantie de son prix le plus bas. "Il ne s'agit pas de la garantie du prix le plus bas, mais de la garantie de proposer une large gamme avec des prix bas, tout comme Colruyt", selon ses termes.

Les agriculteurs retiennent leur souffle

"L'avenir nous dira si tel est vraiment le cas... Parce que les patrons de Jumbo aux Pays-Bas sont connus pour réserver des surprises", a réagi la présidente du syndicat agricole flamand Boerenbond, Sonja De Becker. "Les projets de Jumbo sont inquiétants", a-t-elle ajouté.

L'organisation agricole flamande ABS exprime également ses craintes. "Espérons qu'il n'y ait pas de course folle au prix le plus bas, en particulier pour le secteur des produits frais", a commenté le président de l'ABS, Hendrik Vandamme. Sinon les producteurs, c'est-à-dire les agriculteurs, en payeront le prix, ont déclaré de concert les organisations agricoles.

"Les offres promotionnelles sont acceptables, voire indispensables, mais casser les prix à un niveau totalement irresponsable, quitte à faire pression sur les fournisseurs, et en fin de compte sur les producteurs eux-mêmes, ce n'est pas acceptable", ponctue Sonja De Becker.

Le CEO Frits van Eerd