Un instituteur flamand sur dix n’a pas le diplôme requis

La pénurie d'enseignants devient de plus en plus criante, en Flandre. D’après les recensements de la nouvelle année scolaire, plus de 4 500 enseignants de maternelle doivent occuper des postes dans l'enseignement primaire. Selon les estimations, il manquera plus de 7 000 instituteurs d'ici 2024.

D'un point de vue juridique, il n'y a pas de problème : un(e) instituteur(trice) préscolaire est également autorisé(e) à enseigner dans l'enseignement primaire.

Si un directeur d’école ne trouve pas une personne possédant un certificat de compétence requis, il peut sans problème faire appel à une personne possédant un certificat de compétence jugé suffisant.

Il va sans dire que les enseignants de maternelle sont titulaires d'un diplôme pédagogique et qu'ils sont également préparés pendant la formation à la possibilité d'enseigner en première ou deuxième année primaire. Mais ce n'est pas le cas pour les 4 autres années. Et pourtant, ils doivent parfois aussi y enseigner.

Au total, 48 600 personnes enseignent dans l'enseignement primaire. A l'heure actuelle, 4 600 d'entre eux sont des instituteurs préscolaires. Ce nombre augmente d'année en année. Au moment du décompte de l'an dernier, il y en avait 3 700.

Ce n’est idéal pour personne

La situation n'est idéale pour personne. Le nouveau ministre flamand de l'Éducation, Ben Weyts (N-VA), le reconnaît. Des mesures ont été annoncées dans l'accord de coalition. Mais un véritable plan de lutte contre la pénurie d'enseignants n'a pas encore été élaboré.

"Heureusement, les enseignants de maternelles ont un diplôme pédagogique ", réagit Marianne Coopman du Syndicat chrétien de l'éducation (COV).

"Et c'est compréhensible qu'ils acceptent le poste s'ils n'ont pas encore de travail." Mais cela doit rester exceptionnel. "Ce n'est pas idéal, ni pour la direction, ni pour l’enseignant lui-même. L'instituteur de maternelle n'est pas vraiment formé pour cela, il a donc besoin d'un soutien de plus en plus intensif de la part de la direction ", explique Marianne Coopman. "De plus, il ou elle accumule de l'ancienneté, mais aucun droit de priorité pour une classe maternelle".

On déplace le problème

Et il y a encore un autre problème, plus tard dans l'année scolaire, il faut aussi des enseignants pour remplacer les collègues malades. Ce groupe de remplaçants est devenu très petit parce que de nombreux enseignants de maternelle sont passés dans le primaire. "Alors les directeurs des écoles maternelles sont obligés de faire appel à des assistantes maternelles, ajoute Marianne Coopman, ils n'ont pas de diplôme pédagogique et ce n'est certainement pas l'idéal".