L'Afsca va demander à la Chine de lever l'embargo sur le porc belge

L'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire va discuter prochainement d'une nouvelle proposition avec son homologue chinoise, pour permettre une reprise des exportations de porc belge vers le gigantesque marché que représente l'Empire du Milieu. A la suite de l'apparition de la peste porcine africaine dans des populations de sangliers en province du Luxembourg, la Chine avait introduit l'an dernier un embargo sur ses importations de porc belge, alors qu'aucun cas n'a été détecté dans nos élevages.

La proposition que l'Afsca va mettre en avant pour débloquer la situation va dans le sens que soutenait déjà la filière porcine il y a quelques mois lors d'une visite en Corée du Sud. Le secteur propose de "régionaliser" en quelque sorte l'embargo, parallèlement à une levée "en phasage", expliquait ce vendredi le cabinet du ministre belge de l'Agriculture Denis Ducarme (MR).

Pour rassurer les autorités chinoises, on maintiendrait dans un premier temps un embargo ne concernant que les élevages de trois provinces: Liège, Namur et Luxembourg. Dans un second temps, six mois plus tard, l'embargo serait également levé pour Liège et Namur. Seuls les éleveurs du Luxembourg belge seraient encore dans l'incapacité d'écouler leur viande porcine vers la Chine, jusqu'à un an après la découverte du dernier cas de PPA sur le territoire belge.

Selon le cabinet Ducarme, la Chine se montre ouverte à l'idée d'un embargo par "zones", mais souhaiterait une marge plus large que l'écartement de la seule province où la peste porcine africaine a fait son apparition. Si l'accord se concrétise avec les autorités sanitaires chinoises, le secteur porcin a imaginé un mécanisme pour s'assurer que les éleveurs de Liège, Namur et du Luxembourg ne soient pas lésés. Cinq acteurs privés du secteur porcin, actifs dans l'abattage, la transformation de viande porcine et/ou la vente, se sont engagés dans ce cas à "garantir l'achat des porcs issus d'élevages situés dans les zones indemnes" de ces provinces pour "assurer leur revente sur le marché européen".

"L'achat devra être réalisé dans des délais normaux, aux mêmes conditions et prix que les porcs achetés dans des exploitations situées dans les autres provinces belges", précise le cabinet Ducarme. Les éleveurs ont globalement tous à y gagner, ce qui explique qu'un tel soutien se mette en place, explique-t-on. La réouverture du marché chinois, avec ses 1,4 milliard de consommateurs, serait une aubaine pour le secteur porcin belge dans son ensemble.

Peste porcine aussi en Chine

La Chine elle-même doit faire face à une épidémie de peste porcine qui décime son cheptel et fait flamber les prix de cette viande sur son marché intérieur. Le ministre Denis Ducarme a rencontré l'ambassadeur de Chine en Belgique pour le sensibiliser à l'importance de la réouverture du marché chinois. Son cabinet insiste d'ailleurs sur le fait que "notre secteur porcin demeure totalement sain", la PPA ayant été détectée uniquement sur des sangliers.

"Le secteur porcin belge est un secteur tourné vers l'exportation (plus de 252% d'autosuffisance)", surtout européenne, mais également chinoise avec "27.866 tonnes de porc" parties annuellement vers ce pays avant l'embargo.
L'Agence fédérale pour la sécurité de la chaine alimentaire profitera de la mission princière en Chine, qui débute le 16 novembre, pour tenter de concrétiser l'accord.