"Un centre d’expertise flamand pour soutenir les communes lors de l’ouverture d’un centre d’asile"

Le ministre flamand des Affaires intérieures, Bart Somers (Open VLD) a visité ce mercredi la commune de Bilzen dans laquelle un future centre d’accueil de demandeurs d’asile a été la cible d’un incendie criminel. Le ministre, également chargé du Vivre ensemble et de l’Intégration, a annoncé la désignation d’un officier de liaison dans cette localité du Limbourg. Il a également indiqué qu’il comptait à plus long terme mettre en place un centre d’expertise qui aura pour mission de soutenir les communes devant accueillir un nouveau centre d’asile.

A Bilzen, l’officier de liaison sera chargé de fluidifier la communication vers les autorités locales ainsi que vers la population de Bilzen. Sa désignation a été saluée par le bourgmestre de Bilzen. "C'est une bonne chose que nous recevions un soutien de la Flandre. Il y avait ici beaucoup de frustration parce que nous avions trop peu d'informations, y compris au sein de l'administration communale. Grâce à ce soutien, on pourra écouter la population, car les gens ont le droit d'être entendus. Il faut établir un dialogue. Nous prenons très clairement distance par rapport à la haine et la violence, mais nous sommes aussi très engagés auprès des citoyens", a commenté Johan Sauwens.

"Un acte de terreur politique"

Invité mardi soir sur le plateau de l’émission Terzake (VRT), Bart Somers a insisté sur le fait "qu’on ne peut jamais assez durement condamner un tel acte criminel". "Utiliser la violence pour imposer son opinion, c’est de la terreur politique. C’est totalement inacceptable", a-t-il déclaré.

Ce mercredi, lors d’un point presse, le ministre a indiqué vouloir "condamner le plus fermement la violence, l’incendie criminelle, mais aussi les messages de haine qui montent les gens les uns contre les autres".

"Nous avons beaucoup de compréhension pour les personnes inquiètes", a-t-il poursuivi. "Nous devons dialoguer avec elles, les écouter, et tenter de leur donner des réponses. Mais une fois que la limite est franchie, nous tirons un trait bien clair".

Bart Somers a par ailleurs par ailleurs tenu à saluer l’élan de solidarité affiché par une partie de la population après ce geste xénophobe. "Cette réaction humaine fait aussi très chaud au cœur", a-t-il commenté. "Les politiques, mais aussi les citoyens doivent se lever, et organiser un contre-mouvement pour signaler qu’ils n’acceptent pas ça, que ce n’est pas qui nous sommes, que ce n’est pas la Flandre"

"Une meilleure communication "

Afin d’améliorer la communication entre les différents service, Bart Somers compte demander à la ministre fédérale de l’Asile et la Migration, Maggie De Block (Open VLD) d’éclairer plus rapidement les administrations locales lors de projets d’ouverture de nouveaux centre d’accueil.

A plus long terme, il entend également mettre en place un centre d’expertise au sein de l’Agence flamande de l’Intégration qui aura pour mission de soutenir les communes devant accueillir un nouveau centre d’asile. "Avec ce centre d'expertise, nous souhaitons organiser des soirées d'information pour la population locale. Par l’intermédiaire de ces experts, nous voulons être présents sur le terrain dès le premier jour pour assister le bourgmestre, l'administration locale et la population", a indiqué Bart Somers.

D’après les autorités locales de Bilzen, une information plus claire et complète aurait sans doute permis d'apaiser la situation. "Si les autorités publiques, la Croix-Rouge, Fedasil et la commune avaient bien communiqué, cela aurait permis de faciliter les choses ici. Quatre-vingts pour cent des gens sont généralement contre quelque chose qui leur est inconnu", a rappelé l'échevin de l'Intégration, Johan Steegen.